mardi 24 mars 2015

vendredi 28 novembre 2014

Le printemps africain en question

Après que les tunisiens aient ouvert le champ du possible et chassé pacifiquement leur président Ben Ali des plus hautes fonctions de l'Etat, après le refus des Sénégalais, massés devant l'assemblée nationale pour empêcher le ticket présidentiel proposé par le président Abdoulaye Wade et son fils, "ministre du ciel et de la terre", de passer, après la démission contrainte de Moubarak qui n'a pas échappé à la justice de son pays debout ou malade et lunettes de soleil sur civière, après le départ forcé d'un Blaise Compaoré qui a toujours pourtant reçu les onctions de la communauté internationale... Au Burkina Faso, les évènements qui se sont déroulés au pays des Hommes Intègres étaient certainement difficiles à imaginer par les forces civiles qui ont occupé la rue et sont parvenues, en deux jours, à faire vaciller 27 ans de pouvoirs concentrés au creux des mains d'un seul homme.
Bien des exemples peuvent témoigner aujourd'hui d'un renforcement des convictions et de la conscientisation des peuples à décider pour eux-mêmes, introduisant ici un premier jet "d'auto-détermination". Une auto-détermination encore fragile, car impossible ici de se réjouir des suites données selon le terrain, tant les terres concernées ont été percutées de plein fouet par ce qui menaçait depuis plus d'une dizaine d'années déjà, l'extrémiste intégriste AQMI qui rodait, et qui n'a été, malgré la folie des grands dictateurs qu'ait connu l'histoire africaine, jamais aussi libre.

A ce jour, ce que les Occidentaux ont aussi consenti à nommer Etat Islamique (ou Daesh, qui n'est que la traduction littérale arabe des mêmes mots) n'a rien d'un Etat avec des frontières et un gouvernement, et rien de ce que en 2014 l'Islam a su être de plus unanimement partagé sous des sphères modernes mais aussi traditionnelles, EI reste un groupe extrémiste intégriste composé des ramifications les plus hostiles du terrorisme d'aujourd'hui qui sous couvert d'une religion excuse toutes les absurdités qu'il sait héberger. Est-ce le fameux "axe du mal" avant l'heure créé de la bouche de Bush, qui a été détourné dans une Amérique qui avait destiné les musulmans/arabes à payer tout un chacun le nine-eleven, est-ce alors le retour de bâton d'une politique assassine menée par les USA qui n'est plus qu'un pays en guerre sans même attendre d'être forcément attaqué.

Difficile donc selon chaque situation, d'être assuré de la non ingérence des forces étrangères tant les médias alternatifs savent nous éclairer sur les aspects realpolitik qui ont mené certaines déstabilisations, les motivations ne seraient pour certains, tels que Michel Collon, que peu claires quand il s'agit de faire état des irrégularités qui ont articulé le processus d'intervention par exemple en Libye, arguant qu'aucune autorité n'a su prouver le bombardement du Guide Libyen sur les populations, argument principal avancé pour enclencher un process d'intervention. L'instauration du couloir humanitaire également largement détourné bien au delà de la Résolution votée n'a su trouver sa place et a pourtant été décisif sur les évènements qui ont suivi. Neuf mois après, les forces de l'Otan parviendront à cibler le guide physiquement et bombardent au millimètre, Obama l'avait dit, M.Kadhafi doit partir... Si aujourd'hui à chaque fois qu'un chef d'Etat fort décide d'en dévisser un autre alors il ne reste plus qu'à rayer du dictionnaire et de l'usage de la langue française, les mots souveraineté, démocratie, auto-détermination, transparence et indépendance.

Car si on ne laisse pas les peuples parvenir à suffisamment de maturité pour qu'ils fassent tomber les têtes selon leur temps et leurs consciences, alors c'est toute la suite de création de démocratie qui leur est également confisquée. Aisé de constater que partout où les forces étrangères se sont imposées par les armes à faire basculer des gouvernements sous prétexte de détenir le monopole breveté de la Démocratie, il n'y a que terres asséchées et misérables. On ne civilise pas avec les canons, toujours pas, et si BHL peut aujourd'hui dire que la Libye n'a jamais été aussi démocratique, il ne faut pas plus, pour, sans toujours chercher la théorie du complot, admettre que des actes posés par des étrangers en terre inconnue sont douteux et peu honorables.
Ces faits douloureux sont venus décapiter des élans populaires qui auraient du être libres de leurs exigences, car le plus dur reste à venir, et personne ne peut hypothéquer l'avenir choisi de chacun à sa place, certains pays comme la Tunisie ou l'Egypte, si ils n'avaient pas porté leurs révolutions ne pourraient aujourd'hui gérer leur situation somme ils tentent de le faire dans une suite déjà hostile.
Le drapeau l'Al Quaida flottait alors sur le tribunal de Benghazi dès la chute du guide, en Tunisie, les troubles post-Ben Ali issus d'un refus de mélanger politique et religion mirent en scène Ansar Al Charia qui répliquait œil pour œil. L'Egypte elle, luttera contre les Frères Musulmans, rassemblée, tenace et engagée.

Les grands Etats gendarmes du Monde ont fait montre d'une naïveté déconcertante quant aux conséquences qui ont suivi la déstabilisation de la Libye, quand les forces Atlantiques allaient durcir les relations internes et diviser, plaçant la Chine et la Russie en marge, ces deux Etats choqués du sort du Guide, des armes parachutées par l'OTAN en plein Sahara, la dislocation du modèle politique sans anticipations, et la prise de pouvoir de groupes armés descendus sans attendre exporter les troubles jusqu'au MALI. C'est bien l'Afrique qui encore une fois allait subir des évènements qui la dépassaient.


L'Afrique est en pleine mutation, elle dispose d'une population très jeune et ce cycle démographique a encouragé une certaine prise de conscience assez naturellement, la dernière génération plus au fait de ce qu'elle réclame, a plus accès à internet et aux réseaux sociaux qu'à l'eau potable, a vu ses Pères se raconter les illusions déchues des parleurs et tenants du pouvoir, et acte sur ce que auparavant on n'osait remettre en question. Le paradoxe résidera en cela que les grands hommes d'hier assassinés sont des hommes qui avaient une vision extraordinairement moderne, juste et indépendante, tels que Thomas Sankara ou Richard Ratsimandrava pour ne citer que ceux-là.
Le discours de Sankara restera une référence ancienne et actuelle, pertinente et troublante de vérité politique.




A l'aube des décolonisations jusqu'à ce jour souvent nous n'avons pas vu sur le continent d'Ebène, plus de deux présidents venus se succéder au pouvoir, extension de mandats, modifications de constitutions, élections au forceps sous réanimation étaient les moyens utilisés pour faire plier les astres et les éterniser. L'image présidentielle est aussi ce qui a pu permettre cela, il est de tradition en Afrique souvent de considérer les Présidents somme des Pères, on ne change pas de Père, on ne démet pas un Père, on vit avec lui, on grandit avec lui, ainsi il existe plusieurs générations qui ont vu le jour sous le même "mandat", comment donc de cette manière, se rendre compte de l'enjeu de la transition politique, de l'alternance, de l'exercice des droits et devoirs citoyens?
Les conditions de vie aujourd'hui extrêmement précaires, la non redistribution des richesses vers le peuple par les gouvernances, et le manque cruel de développement de terres riches en leur sol viennent cumuler des frustrations et des colères qu'aucun sachet contenant T-shirt-casquette-pagne et petit billet à l'effigie des présidents chéris ne saura plus taire.
Aujourd'hui l'Afrique entend plus que jamais, est alerte sur les évènements qui se déroulent dans le monde, cela peu importe les couches sociales, du chauffeur de taxi au pêcheur désenchanté dévasté par les pêches intensives, à la femme chargée de l'entretien du domicile, en passant par celui qui vent le café Nescafé debout toute la journée durant en sillonnant entre les voitures des embouteillages de Dakar ou de Douala, tous et toutes savent à la sueur de leurs fronts, que leurs efforts pour pouvoir vivre au jour le jour et ne pas avoir de marge de sécurité ne vaut rien.

Cela ne vaut rien, jusqu'à ce que l'éveil citoyen ne reprenne le dessus.

mercredi 15 octobre 2014

Focus : Rentrée et sortie politique de Marc Ravalomanana à Madagasikara

Marc Ravalomanana avec son fils et son épouse, à Faravohitra  - KoloTV
Marc Ravalomanana est de retour à Madagascar, son pays d'origine, et l'actualité est à nouveau agitée de son nom. Le Président n'en n'était pas à son premier essai, alors que sous la transition tenue par Andry Nirina Rajoelina qui lui avait arraché le pouvoir, il avait été refoulé au guichet d'enregistrement même de l'aéroport d'AFrique du Sud, bloqué par des notams.

Dans la nuit de lundi à mardi il a été dit que Marc Ravalomanana aurait atterri à Antsirabe, sa ville natale, avant de gagner la capitale qui se situe à peu près à deux heures de route. Il aurait ainsi pu rentrer sur le territoire malagasy sans que les autorités compétentes ne soient capables de le remarquer, du moins officiellement. Il est à l'heure actuelle à Antsiranana, hébergé dans la résidence de l'Amirauté, qui semble avoir été préparée ces derniers jours selon l'Express Madagascar, qui sur cet argument met une possibilité de doute sur le dessous de ce retour qui ne dit peut être pas tout.
Il a prétendu avoir été soutenu par la SADC et d'autres pays forts sur la faisabilité de ce retour discret. Tout comme son prédécesseur Didier Ratsiraka en son temps, l'ancien président se trouve sous le joug d'un mandat d'arrêt issu d'un jugement par contumace qui a été rendu alors qu'il se trouvait en exil, jugement rendu par la justice du régime de la transition.
Si son retour a surpris la grande île et a suscité énormément d'émotion autant au sein de ses partisans que de ses adversaires politiques, la population Tananarivienne a vécu un vrai moment politique tant les évènements se sont enchainés.

A peine avait-il touché le sol malagasy, dit-il, qu'il a pris la route et s'est dirigé vers la capitale, ce qui lui a permis d'affirmer devant ses partisans réunis de façon impromptue, qu'il avait fait le tour et qu'il avait été amené à constater l'état de délabrement du pays et le désarroi apparent des malagasy.

Emotion
En effet le président déchu avait quitté la grande île dans des contextes encore non révélés au grand public, lors du renversement politique de 2009, qui avait vu basculer les pleins pouvoirs aux mains d'un jeune civil et ancien maire de la capitale, Andry Nirina Rajoelina, après l'échec d'un directoire militaire extra-constitutionnel et entaché de troubles.
L'île depuis a connu cinq années de marasme politique mais surtout économique, bloquée par une feuille de route non appliquée et attendue de la communauté internationale. Aux abois avec un niveau de vie qui a placé le malagasy à 0,40 euro par jour. Les curseurs sont tous descendus dans le rouge car la communauté internationale a suspendu les soutiens financiers à la Grande Ile, et survivre est devenu la seule manière d'entrevoir un futur menacé, pour une population de 22 millions d'âmes, dont presque la totalité est composée de paysans sur une terre que l'on ne cesse de découvrir riche en matières premières.


Avant 2009...
Marc Ravalomanana -MR- a laissé une île continent en meilleure santé économique. C'est un président de la République qui a mis du temps à être reconnu par la communauté Internationale, à la sortie d'une crise qui l'a assis au siège des plus hautes fonctions de l’État. Plus proche affectivement des USA que de la France, il entretenait de bonne relations avec les pays "amis", avait personnellement investi dans ce qui était devenu le fleuron de l'industrie malagasy et créé énormément d'emplois de son fait mais aussi en encourageant certaines entreprises étrangères à venir gérer les entreprises locales telles que la Jirama ou Air Madagascar.
C'est également sous sa gouvernance que le Bianco ou le Samifin voient le jour. Le MAP rentre aussi en scène, un plan de développement pour lutter contre l'insécurité alimentaire et porter l'île à répondre aux attentes des objectifs du millénaire. Il ira vers un désir "d’anglicisation" en amenant des slogans anglophones ou concepts importés tels que "rapid results initiatives" ou "task force" jusqu'à même suggérer d'intégrer l'anglais à l'école.


Madagascar, la généreuse
Auparavant déjà homme d'affaire fort habile et fortuné, sa position de président et son pouvoir lui auront permis de développer intensément son empire, prenant monopole sur les secteurs clés et ayant une politique agressive de redressement fiscal envers ses concurrents ou les entreprises qui pouvaient "encombrer la route". Plusieurs milliards d'impôts non payés avaient été "offerts" alors à l'empire TIKO en terme de cadeau fiscal, ce qui avait assombri sincèrement sa popularité, mais ce sera l'achat d'un second Air Force One à 60 millions de dollars qui excitera le plus le talent oratoire de son rival Andry Nirina Rajoelina, profitant des cet abus pour se hisser au plus haut dans un paysage politique muselé.
MR tient le haut du pavé partout, s'appuie également allègrement sur les instances religieuses de l'église réformée telles que le FJKM en en devenant vice-président, instances dans lesquelles les bailleurs de fonds internationaux, sous son impulsion, viendront à injecter de l'argent.
Le jeune maire, lui, bénéficie alors de soutiens de taille qui lui permirent d'accéder aux plus hautes fonctions de l'état en profitant tout simplement de la susceptibilité de MR, qui n'avait soutenu la diffusion d'un simple discours issu de youtube, diffusé depuis l'appartement de l'amiral Rouge Didier Ratsiraka, ancien président de Madagascar et exilé politique en France. Marc Ravalomanana entrave le droit d'émission de la chaine tv viva appartenant au maire, et se faisant entame un bras de fer dont il ne se relèvera pas. Andry Nirina Rajoelina incitera à la destruction de son empire en entrainant la population qui peut à incendier les locaux de commerce TIKO. Plus de 20 corps carbonisés seront pris par les flammes d'un Lundi Noir sans enquête, quand une fusillade du Samedi Rouge en zone rouge devant le Palais Présidentielle viendra clôturer le bras de fer, MR s'enfuit, ANR devient Président de la Transition, après un brouhaha de directoire militaire avorté.

Aujourd'hui les Malagasy sont dubitatifs
Une partie de l'opinion qui a toujours soutenu MR continue de réclamer le retour aux fonctions de l'ex président, nostalgique d'une ère meilleure économique, du Pater et de tout l’environnement qui la sécurise et qu'elle peut voir en lui. En effet il a toujours entretenu le lien depuis son exil en faisant, même si proscrit, des conférences depuis sa terre d'exil et par téléphone, retransmises via des haut-parleurs sur la place de ses anciens commerces. Il bénéficie aujourd'hui d'une aura médiatique, et peut ressusciter son parti resté en sommeil tout au long de son exil.
Le sentiment d'injustice également trône chez elle, quand un président évincé dans des conditions qui méritent enquête internationale et audition des protagonistes, enquête qui ne s'est jamais faite, a quitté le sol malagasy avec le statut d'exilé politique, et un jugement par contumace. MR était retenu en AFrique du Sud sans avoir reçu de la communauté internationale un signal fort le concernant, alors que le coup d'état à Madagasikara avait été un fait accepté et reconnu de bien des chancelleries.
Les épisodes également qui ont fait que l'épouse du Président, qui avait elle, réussi à retrouver sa terre natale alors que sa mère était malade, n'ait pu se présenter aux élections présidentielle alors qu'elle n'avait pas été portée sur la liste des personnalités sous sanction édifiée par la CI, ont choqué et enclenché chez les partisans pro Ravalomanana la déception et l'incompréhension.


2014
Aujourd'hui la grande île se réveille un peu groggy mais toujours très tôt le matin, avec un président qui a été élu démocratiquement, à l'issue d'élections transparentes bien sûr, et qui a hérité d'un pays posé au fond de l'Océan Indien, la proue ancrée dans le sable. Hery Rajaonarimampianina, reçu dernièrement par le Président Hollande et reconnu par la communauté Internationale, est un personnage plus technique que politique, qui a souhaité s'éloigner de ses attaches "Rajoeliennes" et de ses mentors de campagne présidentielle au premier jour de sa présidence en se défaisant au plus des conseils et normes du président de la Transition. Une scission est née entre les deux hommes, devenus meilleurs ennemis mais encore issus de la même histoire politique, le Président Rajaonarimampianina ayant été le ministre des finances sous ANR. La tâche alors n'est pas aisée de relever ou de normaliser à nouveau un grand pays blessé, et l'impatience habite très volontairement derrière l'attente interminable d'un mieux. Les premiers objectifs étaient de respecter la feuille de route article par article, et les dernières élections ont été calibrées même si maladroitement, sur la partition musicale de cet ouvrage de conciliation vers la sortie de crise.
Les noms indésirables ont été rayés de la liste des candidats, les conditions de déroulement du scrutin ont été visées par les observateurs internationaux, pour parvenir à l'élection de Hery Rajaonarimampianina, candidat de dernière minute de ANR alors exclu des candidatures. C'est un face à face inédit et qui n'aura pas laissé grandes traces dans l'histoire politique de la grande ile qui nait entre Rajaonarimampianina et un candidat inattendu et maladroit médiatiquement en la personne du Docteur Robinson qui représente le parti de MR.
Le poste de Premier Ministre n'ira pas à ANR, que l'on avait imaginé dans un shéma à la Poutine, et un gouvernement se met en place.



Retour vers le futur
Marc Ravalomanana surprend l'opinion en réapparaissant de façon assez irréelle à son domicile, le bouche à oreille fonctionne, et des partisans et curieux se massent vers chez lui, certains parviennent à entrer dans la propriété quand d'autres s'impatientent de l'autre côté.
Il prend alors la parole en public, il se tiendra alors du haut de son balcon, micro à la main, à destination de ses partisans.
La presse sera contenue à l'intérieur, (image ci dessus) et amassée autour d'un ancien président en mal de médiatisation. Il prendra la décision de s'exprimer instinctivement et sans ambages sur ses prédispositions qui ne semblent pas être celles du temps que l'île connaît actuellement. L'homme déclare alors que le pouvoir lui a été confisqué et que le peuple doit savoir maintenant ce qu'il a à faire. Il ne mettra pas suffisamment de mesure quant aux déclarations concernant son retour, clamant qu'il avait reçu pour se faire, le soutien de plusieurs pays tel que l'Allemagne, les États-Unis, la Norvège, l'Afrique du Sud, le Zimbabwe ou encore la Tanzanie.

Lecture des évènements

". « Si nous avions déclaré la semaine dernière : ça suffit, aujourd’hui, nous annonçons que c’est terminé, je refuse d’être complice de l’échec de ce régime qui fait la honte de la Nation et du Peuple malgache sur le plan international ».



Après avoir récemment déclaré qu'il se rangeait fermement du côté de l’opposition depuis son exil, une fois arrivé il a déclaré ne plus vouloir attendre 2018 pour répondre aux attentes qu'il entend, des malagasy. En dehors des reprises des propos retransmis ça et là sur les réseaux sociaux et autres hebdomadaires traditionnels locaux qui peuvent être perçus comme déplacés et tenus par le président déchu Marc Ravalomanana, chacun peut en tirer sa propre analyse.



Alors que MR parvient à revenir, le premier sentiment qui a pu survenir a été le soulagement. Le soulagement car ce retour était gravé dans la feuille de route, et devenait un vrai manquement à l'application de celle-ci, possiblement lié au blocage encore palpable des versements promis de la CI. Deuxièmement, même si cela tendait la situation, sa présence répondait aussi des droits de l'homme car un malagasy expulsé ne pouvait le rester, et cela impliquait un éclairage sur les évènements qui l'ont fait partir, chose que les populations attendent fortement. Car les évènements de la fusillade de iavoloha sous Ratsiraka avaient déjà laissé des blessures ouvertes, celle de 2009 venait se rajouter au triste tableau macabre des faits impunis qui ont fait tomber des malagasy de la classe modeste sous les balles. De nombreuses déclarations issues des acteurs de second plans ou de possible premier plan avaient filtré dans les médias sans pouvoir être reçus à la hauteur des enjeux et pour cause, révéler et toucher à ces événements venait certainement à faire trembler la sphère politique, militaire, mais aussi celle de certains entrepreneurs locaux.

De l'empathie aura donc pu prendre place, et aussi une réelle satisfaction de la maturité d'un Gouvernement qui, acceptant de le laisser rentrer, faisait alors preuve de son engagement vers la stabilité et le retour de la paix. Car MR avait bénéficié d'une grande victimisation du fait de son exil, et à chaque discussion sur la situation politique de Madagascar, revenait sans cesse cette problématique de l'absence d'un des concernés par les événements que les 22 millions de malagasy continuent de payer très cher. Il était alors inimaginable de se dire, alors que la nouvelle enflammait les ondes, que l'Etat n'avait en rien validé ce retour!

Mais très vite c'est la consternation qui a pris place devant des propos et l'assurance un peu déplacée tenus par cette haute personnalité politique qui a réussi à rentrer au pays dans le secret, et qui allait, devant la presse, non seulement affirmer sa posture d'adversaire politique, mais lancer un défi au Gouvernement en place. L'incompréhension de quelqu'un qui revient au pays et qui n'attend pas de faire son possible pour être reçu au plus vite par le Président, et entamer un processus de conciliation.
Sans oublier que si son retour n'avait pas été programmé et validé de la présidence, comme l'a confirmé le Directeur de cabinet, MR avait à en découdre avec le gouvernement afin d'au mieux négocier sa situation d'homme entré sans être passé par les voies légales et étant de plus, sous le joug d'un mandat d'arrêt.

Là les choses se sont vite enchainées, et les forces de l'ordre sont venues interrompre les démonstrations de force de Ravalomanana et disperser avec les lacrymogènes, les attroupements qui s'amplifiaient aux alentours de sa villa.
Son portail  a été forcé en tirant sur les systèmes de fermetures (c'est donc que l'ex président certainement ne collaborait pas) et rapidement il a été exfiltré en premier lieu vers le camps Ratsimandrava, puis finalement à Antsiranana.
Une grande déception devant cette situation qui a causé l'intervention des forces spéciales, alors que c'est depuis ce moment que devait commencer la conciliation.
Avait été annoncé par Patrick Rajoelina depuis son compte tweeter, puis confirmé par l'admin de TNN sur les échanges de forum, que le président Rajaonarimampianina devait recevoir MR à 18h au Palais, et si c'était vrai, et si il avait attendu, la situation en aurait-elle pas été tout autre?

Ce qui est sur, c'est que MR a eu la sensation de retrouver la terre qu'il avait laissée, mais qui a connu depuis son départ, bien des changements, il aurait fallu très certainement de ne pas sous entendre une quelconque dissidence afin d'encourager le processus, il y allait de la responsabilité de chacun"
ECH

Midi Madagascar : " L’ancien président serait transféré dans un autre endroit ce jour. Quoi qu’il en soit, l’arrivée de Marc Ravalomanana à Diégo Suarez a fait l’objet d’une forte mobilisation militaire. Les hauts responsables militaires au niveau de la région Diana se sont réunis hier de 17h à 19h. Cette réunion aurait été convoquée par des membres du gouvernement en charge du maintien de l’ordre qui se trouveraient à Diégo depuis hier matin. Une source bien informée indique que la résidence Amirauté est placée sous haute sécurité depuis hier. Des blindés seraient postés pas loin du bâtiment. Notre source dévoile que Morondava serait la prochaine destination avant l’Afrique du Sud. Chose curieuse, la communauté internationale se tait devant cette situation qui risque de compromettre une sortie de crise apaisée pour la Grande Ile. Des membres de cette communauté internationale ont tenté de trouver un consensus sur le cas de l’ancien président, mais ils auraient échoué.
Etat de santé. Hier, la famille de Marc Ravalomanana a haussé le ton pour condamner ce que le pouvoir est en train d’infliger à ce dernier. « Nous allons porter plainte. », a annoncé sa femme Lalao qui veut avoir une rencontre avec le président Hery Rajaonarimampianina pour parler du cas de son mari. Le fils Tojo Ravalomanana n’a pas caché ses inquiétudes sur l’état de santé de son père : « Papa a plus de 60 ans. Il a besoin de prendre tous les jours des médicaments. Ce qui n’est pas le cas depuis son arrestation. » En tout cas, la famille de l’ancien président appelle à une vraie réconciliation nationale. Reste à savoir si le régime en place dira non à cet appel.














jeudi 9 octobre 2014

Madagasikara : Politique du "moins pire" ou fuite en avant?

A Madagasikara pendant les campagnes présidentielles-foires tout le monde donnait son argent pour agir dans la journée, s'indignait et voulait même personnellement et sans chichis se rendre sur une décharge ou un site sensible, retrousser ses manches et mettre les mains dans le cambouis.
Jamais autant d'argent en une si courte période, alors que le Malagasy gisait à même le bitume avec moins de la moitié d'un euro par jour, n'aurait été investi à la cause Malagasy et dans tous les sens.

Parce que cela est scandaleux et que l'île devait changer aujourd'hui et désormais ne plus jamais attendre pour cela.
Parce que nos enfants doivent enfin avoir ce qu'ils méritent afin de relever demain ce pays jeune, dynamique, vaste, avec 90% d'agriculteurs.
Parce que nous devions aujourd'hui travailler à une justice sociale, mais aussi dans les domaines de l'éducation, de la santé, afin de sécuriser une population privée des paramètres qui lui permettraient de rejoindre les standards de vie à la hauteur de ses mérites.
Parce que nos Ray Amandreny, nos anciens, nous ont assez prévenu lors des nombreux espaces d'échanges, que si nous ne changeons pas alors la politique ne changera pas, qu'en ne changeant pas les causes on ne risquait pas de changer les conséquences et que nous étions responsables de cela.
Parce que nous devions tirer les leçons des erreurs du passé, des impunités et des pages sombres qui n'avaient jamais été examinées en détail et justifiées, mais que nous devions savoir faire table rase et avancer, avancer, avancer...
Parce que nous avions tiré les leçons disait-on, des gouvernances égo-centrées et hyper-présidentielles érigées qui se sont effondrées pourtant pour leurs fondations peu raisonnables ou "forcées", où se mêlaient milieu des affaires, état et fortunes...
Parce que l'Ile Rouge détient des richesses "qu'ils disent..." et que donc au plus rapidement elle avait rendez-vous avec son destin, au développement prospère.
Parce que aujourd'hui ne serait plus comme hier, que nous avons bien compris les cycles douloureux qui ont fait avorter les régimes et échouer les tentatives de chacun à prendre le dessus sur l'île rouge sans jamais désigner un héritier digne.
Parce que aujourd'hui enfin en Politika nous avons découvert des profils de femmes nouveaux, on parlait de Saraha G on parlait de Brigitte R, ou des techniciens qui avaient à apporter, il arrivait même de lire que si ces nouvelles personnalités ne venaient pas à remporter la plus haute fonction de l'état, alors elles seraient pertinentes au niveau des postes ministériels ou de leurs équipes, car le renouveau c'est aussi cela, intégrer une diversité au Palais, secouer les traditions qui ne marchent plus pour OSER changer et prendre des risques pertinents dans le sens du développement.
Parce que nos problèmes de séparation entre les ethnies n'existaient pas, que cela n'était que le reflet que de la crise et du manque de dialogue, qu'il fallait le dépasser tout comme les débats autour de la malgachisation, qui pouvaient soulever soit un nationalisme maladroit soit un rejet de l'étranger car en période de crise et de tiraillements face à la CI, tout se résume souvent aux tensions, incompréhensions,  à l'origine des troubles de l'assiette et du ventre.
Parce que nos politiciens étaient tous impliqués de près ou de loin dans des affaires et que c'est à aujourd'hui de prendre la responsabilité de ce que hier a laissé faire et d'agir avec des profils nouveaux, neutres, qui viendraient apporter une sorte de régénération du système politique et que de toutes façons, la CI ne tolérait aucun candidat passé.
Parce que Madagascar dispose d'une culture politique dans le sens "gestion de cité" forte, et que se faisant, la population avait prouvé naturellement qu'elle avait été le seul paramètre mature et fiable, stable du pays, ayant "tenu le coup" sans entraver les processus-espoirs porteurs de la période rouge après le samedi du même nom, pendant lequel elle a servi de bouclier à une transition qui a trop duré. Prenant sur elle la famine, les maladies, le chômage, l'assiette vide, et le cœur lourd de l'attente...
Parce que les Hommes Responsables en cause ou mis en cause avaient signé une feuille de route faite d'articles, et qu'ils prenaient chaque jour la décision pour 22 millions de personnes, en faisant cela.

Et qu'il était temps de changer tout cela.


ils avaient versé la caution, investi dans leur produits dérivés, investi aussi les réseaux sociaux, décidaient d'accepter tout échange, étaient à l'écoute, disponibles.
Aujourd'hui tous ces candidats nombreux dont certains ont accepté de révéler leur fortune et acquis sont en sommeil ou en retrait de la vie politique et des débats houleux et d'importance qui agitent nos caboches de citoyens dépouillés de ce qu'ils n'ont plus.
Ne comprenant pas qu'ils ont la responsabilité de changer la vision politique du jeune de 18, 21 ans à Madagascar, et assurer ainsi celle de leurs enfants et descendances en lui offrant une politique accessible, une gestion de Cité dans laquelle il est impliqué.
Qu'il a la responsabilité non de remporter une échéance un mois avant, mais de travailler à cela chaque heure, en ouvrant au peuple la possibilité de l'habituer à une politique qui sait servir le meilleur, un parti, des idées, des débats, une écoute, une réponse, des réponses, une humilité une accessibilité, une délivrance vers une conscientisation saine et digne à la hauteur de ceux qui se sont battus pour délivrer l'île continent et commencer à lui permettre d'écrire elle-même sa propre histoire.

Le montant de la propagande et campagne du président à Madagascar alors sponsorisé par le système de la transition qui mettait l'ambiance dans les gradins aurait dépassé dit-on celui de Sarkozy, nous nous rappelons bien les scènes de liesse (que l'on ne voit plus aujourd'hui) organisées autour d’euphories nerveuses et schizophrènes qui jalonnaient le passage des compétiteurs les mieux affutés.

La politique n'est pas vengeance, elle n'est pas profit, elle n'est pas attente, elle n'est pas contre-nature, elle n'est pas confiscatoire, elle n'est pas amnésique, elle n'est pas non plus improvisée.

La politique est responsable et redevable de résultats envers tous les citoyens, garante d'une démocratie juste.
la politique doit faire attention à ce qu'elle fait, ce qu'elle est et ce qu'elle montre et démontre aux vivants.
La politique doit.
Elle n'existe pas sans Cité, sans enfants, sans Parents et veilleurs, détracteurs et amuseurs, elle n'existe pas non plus sans succès, car elle n'a qu'une mission, celle de servir, et de réussir, sans jamais se dédouaner ou se défaire de ses responsabilités.
Justice et transparence, voilà ce que cela doit être, la politique, celle du développement, et pourquoi pas la nôtre.
ECH

vendredi 5 septembre 2014

A François Hollande, "Merci pour ce moment..."

 "Moi Président..."
La publication du livre de la journaliste et ex first girlfriend Valérie Trierweillier "Merci pour ce moment" fait basculer l'idéal politique. Celle qui avait publié l'album de photo "François Hollande, 400 jours dans les coulisses du pouvoir" a éprouvé sa plume à accoucher par césarienne et sous anti dépresseurs, de commentaires et phrases douloureuses à lire, tant le président se retrouve nu au lit, au lever, au coucher, au garde à vous ou mou et méchant, dans une intimité de ce qu'il y a de pire chez l'homme. Confession intime n'aurait pas su faire mieux.


Le problème ne serait pas Paris Match!? ;)

Non le problème n'est pas Paris Match, le problème réside dans le fait que de nos jours, il reste de plus en plus illusoire de mettre une quelconque crédibilité dans la fonction politique. Une insolence des élites qui commence à peser lourd sur le dos des contribuables, chômeurs, gens en précarité, jusqu'à même constater que bien des fortunés viennent aussi à fuir avec leur capitaux.
Le Grazia de Berlusconi, machine à scoop people avait publié les images du Président Normal en scooter allant voir sa maîtresse, alors que même que le Cavaliere est impliqué dans le ruby gate, "affaire politico-judiciaire à caractère sexuel" pour faire long.
A évoquer simplement, des affaires de mœurs. La "voleuse de coeur" a 17ans et le fréquente (ou est-ce lui qui la fréquente?...), lui qui en a 74, elle empoche 7000 euros, et Silvio Berlusconi affirme qu'elle a perçu plus de 4 millions d'euros en deux mois depuis les procédures. Celle qui se prétendait être la nièce de Hosni Moubarak repart le cœur léger les mains pleines. Silvio Berlusconi se pause là et passe entre les gouttes des attaques judiciaires à la chaine, au dessus du sort, ayant fait fortune en fondant le holding financier Fininvest et Mediaset, il a la main mise sur les chaînes télé italiennes pour une fortune estimée à  7,8 milliards de dollars, cela a-t-il un impact?

L'instruction, le pouvoir, l'argent, et un certain talent de l'audace et un grand manque de scrupule amènent à une folie avec laquelle le politicien semble flirter passionnément. François Hollande plombe encore plus "l'ambiance" et amène, si non à la honte de ce qui est aujourd'hui clamé haut et fort sur ce qu'il est en privé, à se prendre un "ice-bucket" violent pour sauver la cause de Valérie et scléroser l'image de la France Dassault-Chanel, puissante et raffinée, dans les bas fonds crasseux. La fonction présidentielle a bien changé, François Mitterrand avait rendu l'existence de Mazarine Pingeot presque romanesque et Jacques Chirac, Monsieur "5 minutes douche comprise", tapait le cul des vaches autant qu'il continuait à avoir un succès fou auprès de la gente féminine malgré ses frasques.
La gauche se revêt finalement d'un manteau de honte, DSK avait ouvert la voie des scandales qui font le tour du monde en moins de deux heures depuis le Sofitel, et François Hollande vient se rajouter à la liste des animaux politiques imbuvables froids et cyniques, mais talentueux. Il était déjà difficile d'entendre certains politiciens et politiciennes du le camps des frondeurs à la suite de la démission d'Arnaud Montebourg, qui laissaient entendre que le président français était un personnage dur, méchant, et sans empathie aucune, avec un sens de la gouvernance visiblement peu digeste.

C'est à croire que les esprits brillants ne peuvent être autres que "névrosés"... des purs produits bien nés, qui ont eu la chance de pouvoir cumuler Sciences Politique, ENA, HEC et carrière hors norme, être des élus, gérer des subdivisions régionales, et parvenir au débat en direct à 20h face au président en exercice pour gravir les marches de Élysées pour peu de temps après, le pas fier, être à la tête d'un des plus grands pays du monde.
Depuis même le premier jour, les décisions intimes du Président Français avaient quelque chose d'aventureux ou de revanchard. Par exemple, alors que la passation s'est faite entre le président sortant Sarkozy et François Hollande, il s'est contenté de ne pas raccompagner Nicolas Sarkozy depuis le perron et a tourné les talons alors que le président juste déménagé descendait vers le tapis rouge et son véhicule. S'en est suivi une somme de gestes critiquables quand Ségolène Royal la mère de ses enfants, et les enfants du président, ne seront pas présents à l'investiture, une signature qui annonçait déjà la couleur. Valérie marquait son territoire, percutant de plein fouet l'évidence même, niant ce qui devait servir avant tout la politique et la décence, Ségolène Royal n'étant surtout pas qu'une ex, première femme à avoir accédé au second tour d'une élection présidentielle, elle avait au préalable enclenché de nouveau l'union du parti socialiste quand elle remporte au premier tour les primaires. C'est avec 82% de participation et plus de 60% des suffrages, le parti se rassemble, les grands ténors s'alignent, comment effectivement, s'installer avec un homme qui a construit sa carrière et sa vie auprès d'une femme de ce type, Valérie a tranché, exprime ne pas savoir vivre avec cette cohabitation entre son mari et son ex femme, elle qui a été la maîtresse de François avant d'être présentée comme "la femme de ma vie" par le Président.

"Les femmes m'auront coûté cher." François Hollande, évoquant ses deux séparations avec Ségolène Royal et Valérie Trierweiler.

Valérie Trierweiller réagit mal dès le départ, et s'engage dans une vie de compagne de Président avec difficulté, réclame et défend corps et âme son métier de journaliste, quand on sait que cela ne semble pas compatible avec un couple présidentiel, surtout dans cette fonction "sensible". Elle argumentera cela en avançant même que son salaire allait servir afin d'assumer ses trois enfants...
Elle refusera le terme de "première dame" laissant là la possibilité à tous de savoir que son rang n'était de sa part que peu assumé. Les presses étrangères viendront vite s'engouffrer dans la brèche, n'intégrant pas le fait qu'un Homme président soit en concubinage à l’Élysée, craignant d'y déceler une peur de l'engagement, une façon ultra décomplexée de ne pas prôner un certain ordre des chose, piétinant de plein fouet ce qui est "politiquement correct" de faire quand on arrive aux plus hautes fonctions de l’État. Elle refusera donc l’appellation contrôlée mais acceptera pourtant son cabinet à l’Élysée, deux secrétaires, un chargé de mission et un chauffeur.

Les Sans-dents, REACTIONS DES INTERNATUTES.

"Il s'est présenté comme l'homme qui n'aime pas les riches. En réalité, le président n'aime pas les pauvres. Lui, l'homme de gauche dit en privé : les sans-dents, très fier de son trait d'humour."



Juger de l'impact de cette publication du livre "Merci pour ce moment" reste prématuré, mais rien n'est moins sûr que cela ternira la popularité déjà en berne d'un président normal qui se voulait irréprochable, sans scandales ou phrases choc, le "casse-toi pauvre con" a laissé place aux "sans-dents" il semble que Nicolas Sarkozy n'ai pas le monopole des maladresses lourdes et difficiles à gommer.
Ce livre si il ne devrait pas être classé dans "politique" reste inclassable alors et a une potentielle portée politique malgré tout, il influencera sans aucun doute l'opinion féminine, et certainement une partie du reste des français qui ne voudraient pas du personnage dépeint dans intimité par une femme qui avant d'avoir été trompée aux yeux du monde entier, a été Première compagne mais aussi une maîtresse.

On se rappelle du face à face d'un fringuant François Hollande, fier et droit, solennel et exigent, le verbe haut et la diction reposée et posée, Dukanisé qui se gargarisait au syntagme "Moi Président..."*  face à un Nicolas Sarkozy exténué par les années de présidence qu'il a -et- subies -et- dévorées goulument, les cernes creusées, le regard sombre, la répartie usée et désabusée, par la violence de l’exercice du pouvoir et du sens que la pratique seule savait y apporter.
Si les français ne doivent pas juger un homme pour ce qu'il est au réveil sans fards, ce que l'on dira de lui depuis les espaces intimes portera haut tout de même ce qui est dénoncé, même vu d'un juda déformant...

*« Moi président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité, je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l'Élysée.
Moi président de la République, je ne traiterai pas mon Premier ministre de collaborateur.
Moi président de la République, je ne participerai pas à des collectes de fonds pour mon propre parti, dans un hôtel parisien.
Moi président de la République, je ferai fonctionner la justice de manière indépendante, je ne nommerai pas les membres du parquet alors que l'avis du Conseil supérieur de la magistrature n'a pas été dans ce sens.
Moi président de la République, je n'aurai pas la prétention de nommer les directeurs des chaînes de télévision publique, je laisserai ça à des instances indépendantes.
Moi président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire.
Moi président de la République, j'aurai aussi à cœur de ne pas avoir un statut pénal du chef de l’État ; je le ferai réformer, de façon à ce que si des actes antérieurs à ma prise de fonction venaient à être contestés, je puisse dans certaines conditions me rendre à la convocation de tel ou tel magistrat ou m'expliquer devant un certain nombre d'instances.
Moi président de la République, je constituerai un gouvernement qui sera paritaire, autant de femmes que d'hommes.
Moi président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres, qui ne pourraient pas rentrer dans un conflit d'intérêts.
Moi président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leur fonction avec un mandat local, parce que je considère qu'ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche.
Moi président de la République, je ferai un acte de décentralisation, parce que je pense que les collectivités locales ont besoin d'un nouveau souffle, de nouvelles compétences, de nouvelles libertés.
Moi président de la République, je ferai en sorte que les partenaires sociaux puissent être considérés, aussi bien les organisations professionnelles que les syndicats, et que nous puissions avoir régulièrement une discussion pour savoir ce qui relève de la loi, ce qui relève de la négociation.
Moi président de la République, j'engagerai de grands débats, on a évoqué celui de l'énergie, et il est légitime qu'il puisse y avoir sur ces questions-là de grands débats citoyens.
Moi président de la République, j'introduirai la représentation proportionnelle pour les élections législatives, pour les élections non pas de 2012, mais celles de 2017, car je pense qu'il est bon que l'ensemble des sensibilités politiques soient représentées.
Moi président de la République, j'essaierai d'avoir de la hauteur de vue, pour fixer les grandes orientations, les grandes impulsions, mais en même temps je ne m'occuperai pas de tout, et j'aurai toujours le souci de la proximité avec les Français. »


Un examen de conscience est de plus en plus attendu, la fonction présidentielle de De Gaulle, de Mitterrand, exige une certaine rigueur et une haute exigence envers soi-même avant tout, il faut aujourd'hui savoir que rien ne saura rester secret dès lors qu'il peut y avoir faute de comportement, mensonge ou trahison. Qu'un pays est à l'image de ses dirigeants, que donc ils se doivent à la retenue et au respect de leur patrie avant de faire passer leurs égos, désiratas et caprices couteux et autres excès d'humeur.
Nous sommes ce que nous faisons, et aujourd'hui, grâce aux réseaux sociaux, aux médias alternatifs, aux "fuites", les opinions publiques seront de mieux en mieux informées, mais elle font déjà le travail d'avoir suffisamment d'acuité pour en découdre avec la haute sphère politique. De grandes déceptions s'enchainent, des scandales ont eu la peau d'hommes qui portaient énormément d'avenir et que l'on n'aurait jamais imaginé comme révélés...

« J'avais évoqué une présidence normale. Rien n'est normal quand on est président de la République, puisque les conditions sont exceptionnelles, le monde traverse une crise majeure, en tout cas l'Europe. Il y a des conflits dans le monde, sur la planète, les enjeux de l'environnement, du réchauffement climatique : bien sûr que le président doit être à la hauteur de ces sujets-là, mais il doit aussi être proche du peuple, être capable de le comprendre. » -François Hollande

«Le temps est venu de clore ce récit, écrit avec mes larmes, mes insomnies et mes souvenirs dont certains me brûlent encore, écrit-elle. Merci pour ce moment, merci pour cet amour fou, merci pour ce voyage à l'Élysée. Merci aussi pour le gouffre dans lequel tu m'as précipitée. Tu m'as beaucoup appris sur toi, sur les autres et sur moi-même. Je peux désormais être, aller et agir, sans craindre le regard d'autrui, sans quémander le tien. J'ai envie de vivre, d'écrire d'autres pages de cet étrange livre, de ce singulier voyage, qu'est une vie de femme. Ce sera sans toi. Je n'ai été ni épousée, ni protégée. Puis-je seulement avoir été aimée autant que j'ai aimé.» -Valérie Trierweiller

Erika Cologon Hajaji