vendredi 28 novembre 2014

Le printemps africain en question

Après que les tunisiens aient ouvert le champ du possible et chassé pacifiquement leur président Ben Ali des plus hautes fonctions de l'Etat, après le refus des Sénégalais, massés devant l'assemblée nationale pour empêcher le ticket présidentiel proposé par le président Abdoulaye Wade et son fils, "ministre du ciel et de la terre", de passer, après la démission contrainte de Moubarak qui n'a pas échappé à la justice de son pays debout ou malade et lunettes de soleil sur civière, après le départ forcé d'un Blaise Compaoré qui a toujours pourtant reçu les onctions de la communauté internationale... Au Burkina Faso, les évènements qui se sont déroulés au pays des Hommes Intègres étaient certainement difficiles à imaginer par les forces civiles qui ont occupé la rue et sont parvenues, en deux jours, à faire vaciller 27 ans de pouvoirs concentrés au creux des mains d'un seul homme.
Bien des exemples peuvent témoigner aujourd'hui d'un renforcement des convictions et de la conscientisation des peuples à décider pour eux-mêmes, introduisant ici un premier jet "d'auto-détermination". Une auto-détermination encore fragile, car impossible ici de se réjouir des suites données selon le terrain, tant les terres concernées ont été percutées de plein fouet par ce qui menaçait depuis plus d'une dizaine d'années déjà, l'extrémiste intégriste AQMI qui rodait, et qui n'a été, malgré la folie des grands dictateurs qu'ait connu l'histoire africaine, jamais aussi libre.

A ce jour, ce que les Occidentaux ont aussi consenti à nommer Etat Islamique (ou Daesh, qui n'est que la traduction littérale arabe des mêmes mots) n'a rien d'un Etat avec des frontières et un gouvernement, et rien de ce que en 2014 l'Islam a su être de plus unanimement partagé sous des sphères modernes mais aussi traditionnelles, EI reste un groupe extrémiste intégriste composé des ramifications les plus hostiles du terrorisme d'aujourd'hui qui sous couvert d'une religion excuse toutes les absurdités qu'il sait héberger. Est-ce le fameux "axe du mal" avant l'heure créé de la bouche de Bush, qui a été détourné dans une Amérique qui avait destiné les musulmans/arabes à payer tout un chacun le nine-eleven, est-ce alors le retour de bâton d'une politique assassine menée par les USA qui n'est plus qu'un pays en guerre sans même attendre d'être forcément attaqué.

Difficile donc selon chaque situation, d'être assuré de la non ingérence des forces étrangères tant les médias alternatifs savent nous éclairer sur les aspects realpolitik qui ont mené certaines déstabilisations, les motivations ne seraient pour certains, tels que Michel Collon, que peu claires quand il s'agit de faire état des irrégularités qui ont articulé le processus d'intervention par exemple en Libye, arguant qu'aucune autorité n'a su prouver le bombardement du Guide Libyen sur les populations, argument principal avancé pour enclencher un process d'intervention. L'instauration du couloir humanitaire également largement détourné bien au delà de la Résolution votée n'a su trouver sa place et a pourtant été décisif sur les évènements qui ont suivi. Neuf mois après, les forces de l'Otan parviendront à cibler le guide physiquement et bombardent au millimètre, Obama l'avait dit, M.Kadhafi doit partir... Si aujourd'hui à chaque fois qu'un chef d'Etat fort décide d'en dévisser un autre alors il ne reste plus qu'à rayer du dictionnaire et de l'usage de la langue française, les mots souveraineté, démocratie, auto-détermination, transparence et indépendance.

Car si on ne laisse pas les peuples parvenir à suffisamment de maturité pour qu'ils fassent tomber les têtes selon leur temps et leurs consciences, alors c'est toute la suite de création de démocratie qui leur est également confisquée. Aisé de constater que partout où les forces étrangères se sont imposées par les armes à faire basculer des gouvernements sous prétexte de détenir le monopole breveté de la Démocratie, il n'y a que terres asséchées et misérables. On ne civilise pas avec les canons, toujours pas, et si BHL peut aujourd'hui dire que la Libye n'a jamais été aussi démocratique, il ne faut pas plus, pour, sans toujours chercher la théorie du complot, admettre que des actes posés par des étrangers en terre inconnue sont douteux et peu honorables.
Ces faits douloureux sont venus décapiter des élans populaires qui auraient du être libres de leurs exigences, car le plus dur reste à venir, et personne ne peut hypothéquer l'avenir choisi de chacun à sa place, certains pays comme la Tunisie ou l'Egypte, si ils n'avaient pas porté leurs révolutions ne pourraient aujourd'hui gérer leur situation somme ils tentent de le faire dans une suite déjà hostile.
Le drapeau l'Al Quaida flottait alors sur le tribunal de Benghazi dès la chute du guide, en Tunisie, les troubles post-Ben Ali issus d'un refus de mélanger politique et religion mirent en scène Ansar Al Charia qui répliquait œil pour œil. L'Egypte elle, luttera contre les Frères Musulmans, rassemblée, tenace et engagée.

Les grands Etats gendarmes du Monde ont fait montre d'une naïveté déconcertante quant aux conséquences qui ont suivi la déstabilisation de la Libye, quand les forces Atlantiques allaient durcir les relations internes et diviser, plaçant la Chine et la Russie en marge, ces deux Etats choqués du sort du Guide, des armes parachutées par l'OTAN en plein Sahara, la dislocation du modèle politique sans anticipations, et la prise de pouvoir de groupes armés descendus sans attendre exporter les troubles jusqu'au MALI. C'est bien l'Afrique qui encore une fois allait subir des évènements qui la dépassaient.


L'Afrique est en pleine mutation, elle dispose d'une population très jeune et ce cycle démographique a encouragé une certaine prise de conscience assez naturellement, la dernière génération plus au fait de ce qu'elle réclame, a plus accès à internet et aux réseaux sociaux qu'à l'eau potable, a vu ses Pères se raconter les illusions déchues des parleurs et tenants du pouvoir, et acte sur ce que auparavant on n'osait remettre en question. Le paradoxe résidera en cela que les grands hommes d'hier assassinés sont des hommes qui avaient une vision extraordinairement moderne, juste et indépendante, tels que Thomas Sankara ou Richard Ratsimandrava pour ne citer que ceux-là.
Le discours de Sankara restera une référence ancienne et actuelle, pertinente et troublante de vérité politique.




A l'aube des décolonisations jusqu'à ce jour souvent nous n'avons pas vu sur le continent d'Ebène, plus de deux présidents venus se succéder au pouvoir, extension de mandats, modifications de constitutions, élections au forceps sous réanimation étaient les moyens utilisés pour faire plier les astres et les éterniser. L'image présidentielle est aussi ce qui a pu permettre cela, il est de tradition en Afrique souvent de considérer les Présidents somme des Pères, on ne change pas de Père, on ne démet pas un Père, on vit avec lui, on grandit avec lui, ainsi il existe plusieurs générations qui ont vu le jour sous le même "mandat", comment donc de cette manière, se rendre compte de l'enjeu de la transition politique, de l'alternance, de l'exercice des droits et devoirs citoyens?
Les conditions de vie aujourd'hui extrêmement précaires, la non redistribution des richesses vers le peuple par les gouvernances, et le manque cruel de développement de terres riches en leur sol viennent cumuler des frustrations et des colères qu'aucun sachet contenant T-shirt-casquette-pagne et petit billet à l'effigie des présidents chéris ne saura plus taire.
Aujourd'hui l'Afrique entend plus que jamais, est alerte sur les évènements qui se déroulent dans le monde, cela peu importe les couches sociales, du chauffeur de taxi au pêcheur désenchanté dévasté par les pêches intensives, à la femme chargée de l'entretien du domicile, en passant par celui qui vent le café Nescafé debout toute la journée durant en sillonnant entre les voitures des embouteillages de Dakar ou de Douala, tous et toutes savent à la sueur de leurs fronts, que leurs efforts pour pouvoir vivre au jour le jour et ne pas avoir de marge de sécurité ne vaut rien.

Cela ne vaut rien, jusqu'à ce que l'éveil citoyen ne reprenne le dessus.

mercredi 15 octobre 2014

Focus : Rentrée et sortie politique de Marc Ravalomanana à Madagasikara

Marc Ravalomanana avec son fils et son épouse, à Faravohitra  - KoloTV
Marc Ravalomanana est de retour à Madagascar, son pays d'origine, et l'actualité est à nouveau agitée de son nom. Le Président n'en n'était pas à son premier essai, alors que sous la transition tenue par Andry Nirina Rajoelina qui lui avait arraché le pouvoir, il avait été refoulé au guichet d'enregistrement même de l'aéroport d'AFrique du Sud, bloqué par des notams.

Dans la nuit de lundi à mardi il a été dit que Marc Ravalomanana aurait atterri à Antsirabe, sa ville natale, avant de gagner la capitale qui se situe à peu près à deux heures de route. Il aurait ainsi pu rentrer sur le territoire malagasy sans que les autorités compétentes ne soient capables de le remarquer, du moins officiellement. Il est à l'heure actuelle à Antsiranana, hébergé dans la résidence de l'Amirauté, qui semble avoir été préparée ces derniers jours selon l'Express Madagascar, qui sur cet argument met une possibilité de doute sur le dessous de ce retour qui ne dit peut être pas tout.
Il a prétendu avoir été soutenu par la SADC et d'autres pays forts sur la faisabilité de ce retour discret. Tout comme son prédécesseur Didier Ratsiraka en son temps, l'ancien président se trouve sous le joug d'un mandat d'arrêt issu d'un jugement par contumace qui a été rendu alors qu'il se trouvait en exil, jugement rendu par la justice du régime de la transition.
Si son retour a surpris la grande île et a suscité énormément d'émotion autant au sein de ses partisans que de ses adversaires politiques, la population Tananarivienne a vécu un vrai moment politique tant les évènements se sont enchainés.

A peine avait-il touché le sol malagasy, dit-il, qu'il a pris la route et s'est dirigé vers la capitale, ce qui lui a permis d'affirmer devant ses partisans réunis de façon impromptue, qu'il avait fait le tour et qu'il avait été amené à constater l'état de délabrement du pays et le désarroi apparent des malagasy.

Emotion
En effet le président déchu avait quitté la grande île dans des contextes encore non révélés au grand public, lors du renversement politique de 2009, qui avait vu basculer les pleins pouvoirs aux mains d'un jeune civil et ancien maire de la capitale, Andry Nirina Rajoelina, après l'échec d'un directoire militaire extra-constitutionnel et entaché de troubles.
L'île depuis a connu cinq années de marasme politique mais surtout économique, bloquée par une feuille de route non appliquée et attendue de la communauté internationale. Aux abois avec un niveau de vie qui a placé le malagasy à 0,40 euro par jour. Les curseurs sont tous descendus dans le rouge car la communauté internationale a suspendu les soutiens financiers à la Grande Ile, et survivre est devenu la seule manière d'entrevoir un futur menacé, pour une population de 22 millions d'âmes, dont presque la totalité est composée de paysans sur une terre que l'on ne cesse de découvrir riche en matières premières.


Avant 2009...
Marc Ravalomanana -MR- a laissé une île continent en meilleure santé économique. C'est un président de la République qui a mis du temps à être reconnu par la communauté Internationale, à la sortie d'une crise qui l'a assis au siège des plus hautes fonctions de l’État. Plus proche affectivement des USA que de la France, il entretenait de bonne relations avec les pays "amis", avait personnellement investi dans ce qui était devenu le fleuron de l'industrie malagasy et créé énormément d'emplois de son fait mais aussi en encourageant certaines entreprises étrangères à venir gérer les entreprises locales telles que la Jirama ou Air Madagascar.
C'est également sous sa gouvernance que le Bianco ou le Samifin voient le jour. Le MAP rentre aussi en scène, un plan de développement pour lutter contre l'insécurité alimentaire et porter l'île à répondre aux attentes des objectifs du millénaire. Il ira vers un désir "d’anglicisation" en amenant des slogans anglophones ou concepts importés tels que "rapid results initiatives" ou "task force" jusqu'à même suggérer d'intégrer l'anglais à l'école.


Madagascar, la généreuse
Auparavant déjà homme d'affaire fort habile et fortuné, sa position de président et son pouvoir lui auront permis de développer intensément son empire, prenant monopole sur les secteurs clés et ayant une politique agressive de redressement fiscal envers ses concurrents ou les entreprises qui pouvaient "encombrer la route". Plusieurs milliards d'impôts non payés avaient été "offerts" alors à l'empire TIKO en terme de cadeau fiscal, ce qui avait assombri sincèrement sa popularité, mais ce sera l'achat d'un second Air Force One à 60 millions de dollars qui excitera le plus le talent oratoire de son rival Andry Nirina Rajoelina, profitant des cet abus pour se hisser au plus haut dans un paysage politique muselé.
MR tient le haut du pavé partout, s'appuie également allègrement sur les instances religieuses de l'église réformée telles que le FJKM en en devenant vice-président, instances dans lesquelles les bailleurs de fonds internationaux, sous son impulsion, viendront à injecter de l'argent.
Le jeune maire, lui, bénéficie alors de soutiens de taille qui lui permirent d'accéder aux plus hautes fonctions de l'état en profitant tout simplement de la susceptibilité de MR, qui n'avait soutenu la diffusion d'un simple discours issu de youtube, diffusé depuis l'appartement de l'amiral Rouge Didier Ratsiraka, ancien président de Madagascar et exilé politique en France. Marc Ravalomanana entrave le droit d'émission de la chaine tv viva appartenant au maire, et se faisant entame un bras de fer dont il ne se relèvera pas. Andry Nirina Rajoelina incitera à la destruction de son empire en entrainant la population qui peut à incendier les locaux de commerce TIKO. Plus de 20 corps carbonisés seront pris par les flammes d'un Lundi Noir sans enquête, quand une fusillade du Samedi Rouge en zone rouge devant le Palais Présidentielle viendra clôturer le bras de fer, MR s'enfuit, ANR devient Président de la Transition, après un brouhaha de directoire militaire avorté.

Aujourd'hui les Malagasy sont dubitatifs
Une partie de l'opinion qui a toujours soutenu MR continue de réclamer le retour aux fonctions de l'ex président, nostalgique d'une ère meilleure économique, du Pater et de tout l’environnement qui la sécurise et qu'elle peut voir en lui. En effet il a toujours entretenu le lien depuis son exil en faisant, même si proscrit, des conférences depuis sa terre d'exil et par téléphone, retransmises via des haut-parleurs sur la place de ses anciens commerces. Il bénéficie aujourd'hui d'une aura médiatique, et peut ressusciter son parti resté en sommeil tout au long de son exil.
Le sentiment d'injustice également trône chez elle, quand un président évincé dans des conditions qui méritent enquête internationale et audition des protagonistes, enquête qui ne s'est jamais faite, a quitté le sol malagasy avec le statut d'exilé politique, et un jugement par contumace. MR était retenu en AFrique du Sud sans avoir reçu de la communauté internationale un signal fort le concernant, alors que le coup d'état à Madagasikara avait été un fait accepté et reconnu de bien des chancelleries.
Les épisodes également qui ont fait que l'épouse du Président, qui avait elle, réussi à retrouver sa terre natale alors que sa mère était malade, n'ait pu se présenter aux élections présidentielle alors qu'elle n'avait pas été portée sur la liste des personnalités sous sanction édifiée par la CI, ont choqué et enclenché chez les partisans pro Ravalomanana la déception et l'incompréhension.


2014
Aujourd'hui la grande île se réveille un peu groggy mais toujours très tôt le matin, avec un président qui a été élu démocratiquement, à l'issue d'élections transparentes bien sûr, et qui a hérité d'un pays posé au fond de l'Océan Indien, la proue ancrée dans le sable. Hery Rajaonarimampianina, reçu dernièrement par le Président Hollande et reconnu par la communauté Internationale, est un personnage plus technique que politique, qui a souhaité s'éloigner de ses attaches "Rajoeliennes" et de ses mentors de campagne présidentielle au premier jour de sa présidence en se défaisant au plus des conseils et normes du président de la Transition. Une scission est née entre les deux hommes, devenus meilleurs ennemis mais encore issus de la même histoire politique, le Président Rajaonarimampianina ayant été le ministre des finances sous ANR. La tâche alors n'est pas aisée de relever ou de normaliser à nouveau un grand pays blessé, et l'impatience habite très volontairement derrière l'attente interminable d'un mieux. Les premiers objectifs étaient de respecter la feuille de route article par article, et les dernières élections ont été calibrées même si maladroitement, sur la partition musicale de cet ouvrage de conciliation vers la sortie de crise.
Les noms indésirables ont été rayés de la liste des candidats, les conditions de déroulement du scrutin ont été visées par les observateurs internationaux, pour parvenir à l'élection de Hery Rajaonarimampianina, candidat de dernière minute de ANR alors exclu des candidatures. C'est un face à face inédit et qui n'aura pas laissé grandes traces dans l'histoire politique de la grande ile qui nait entre Rajaonarimampianina et un candidat inattendu et maladroit médiatiquement en la personne du Docteur Robinson qui représente le parti de MR.
Le poste de Premier Ministre n'ira pas à ANR, que l'on avait imaginé dans un shéma à la Poutine, et un gouvernement se met en place.



Retour vers le futur
Marc Ravalomanana surprend l'opinion en réapparaissant de façon assez irréelle à son domicile, le bouche à oreille fonctionne, et des partisans et curieux se massent vers chez lui, certains parviennent à entrer dans la propriété quand d'autres s'impatientent de l'autre côté.
Il prend alors la parole en public, il se tiendra alors du haut de son balcon, micro à la main, à destination de ses partisans.
La presse sera contenue à l'intérieur, (image ci dessus) et amassée autour d'un ancien président en mal de médiatisation. Il prendra la décision de s'exprimer instinctivement et sans ambages sur ses prédispositions qui ne semblent pas être celles du temps que l'île connaît actuellement. L'homme déclare alors que le pouvoir lui a été confisqué et que le peuple doit savoir maintenant ce qu'il a à faire. Il ne mettra pas suffisamment de mesure quant aux déclarations concernant son retour, clamant qu'il avait reçu pour se faire, le soutien de plusieurs pays tel que l'Allemagne, les États-Unis, la Norvège, l'Afrique du Sud, le Zimbabwe ou encore la Tanzanie.

Lecture des évènements

". « Si nous avions déclaré la semaine dernière : ça suffit, aujourd’hui, nous annonçons que c’est terminé, je refuse d’être complice de l’échec de ce régime qui fait la honte de la Nation et du Peuple malgache sur le plan international ».



Après avoir récemment déclaré qu'il se rangeait fermement du côté de l’opposition depuis son exil, une fois arrivé il a déclaré ne plus vouloir attendre 2018 pour répondre aux attentes qu'il entend, des malagasy. En dehors des reprises des propos retransmis ça et là sur les réseaux sociaux et autres hebdomadaires traditionnels locaux qui peuvent être perçus comme déplacés et tenus par le président déchu Marc Ravalomanana, chacun peut en tirer sa propre analyse.



Alors que MR parvient à revenir, le premier sentiment qui a pu survenir a été le soulagement. Le soulagement car ce retour était gravé dans la feuille de route, et devenait un vrai manquement à l'application de celle-ci, possiblement lié au blocage encore palpable des versements promis de la CI. Deuxièmement, même si cela tendait la situation, sa présence répondait aussi des droits de l'homme car un malagasy expulsé ne pouvait le rester, et cela impliquait un éclairage sur les évènements qui l'ont fait partir, chose que les populations attendent fortement. Car les évènements de la fusillade de iavoloha sous Ratsiraka avaient déjà laissé des blessures ouvertes, celle de 2009 venait se rajouter au triste tableau macabre des faits impunis qui ont fait tomber des malagasy de la classe modeste sous les balles. De nombreuses déclarations issues des acteurs de second plans ou de possible premier plan avaient filtré dans les médias sans pouvoir être reçus à la hauteur des enjeux et pour cause, révéler et toucher à ces événements venait certainement à faire trembler la sphère politique, militaire, mais aussi celle de certains entrepreneurs locaux.

De l'empathie aura donc pu prendre place, et aussi une réelle satisfaction de la maturité d'un Gouvernement qui, acceptant de le laisser rentrer, faisait alors preuve de son engagement vers la stabilité et le retour de la paix. Car MR avait bénéficié d'une grande victimisation du fait de son exil, et à chaque discussion sur la situation politique de Madagascar, revenait sans cesse cette problématique de l'absence d'un des concernés par les événements que les 22 millions de malagasy continuent de payer très cher. Il était alors inimaginable de se dire, alors que la nouvelle enflammait les ondes, que l'Etat n'avait en rien validé ce retour!

Mais très vite c'est la consternation qui a pris place devant des propos et l'assurance un peu déplacée tenus par cette haute personnalité politique qui a réussi à rentrer au pays dans le secret, et qui allait, devant la presse, non seulement affirmer sa posture d'adversaire politique, mais lancer un défi au Gouvernement en place. L'incompréhension de quelqu'un qui revient au pays et qui n'attend pas de faire son possible pour être reçu au plus vite par le Président, et entamer un processus de conciliation.
Sans oublier que si son retour n'avait pas été programmé et validé de la présidence, comme l'a confirmé le Directeur de cabinet, MR avait à en découdre avec le gouvernement afin d'au mieux négocier sa situation d'homme entré sans être passé par les voies légales et étant de plus, sous le joug d'un mandat d'arrêt.

Là les choses se sont vite enchainées, et les forces de l'ordre sont venues interrompre les démonstrations de force de Ravalomanana et disperser avec les lacrymogènes, les attroupements qui s'amplifiaient aux alentours de sa villa.
Son portail  a été forcé en tirant sur les systèmes de fermetures (c'est donc que l'ex président certainement ne collaborait pas) et rapidement il a été exfiltré en premier lieu vers le camps Ratsimandrava, puis finalement à Antsiranana.
Une grande déception devant cette situation qui a causé l'intervention des forces spéciales, alors que c'est depuis ce moment que devait commencer la conciliation.
Avait été annoncé par Patrick Rajoelina depuis son compte tweeter, puis confirmé par l'admin de TNN sur les échanges de forum, que le président Rajaonarimampianina devait recevoir MR à 18h au Palais, et si c'était vrai, et si il avait attendu, la situation en aurait-elle pas été tout autre?

Ce qui est sur, c'est que MR a eu la sensation de retrouver la terre qu'il avait laissée, mais qui a connu depuis son départ, bien des changements, il aurait fallu très certainement de ne pas sous entendre une quelconque dissidence afin d'encourager le processus, il y allait de la responsabilité de chacun"
ECH

Midi Madagascar : " L’ancien président serait transféré dans un autre endroit ce jour. Quoi qu’il en soit, l’arrivée de Marc Ravalomanana à Diégo Suarez a fait l’objet d’une forte mobilisation militaire. Les hauts responsables militaires au niveau de la région Diana se sont réunis hier de 17h à 19h. Cette réunion aurait été convoquée par des membres du gouvernement en charge du maintien de l’ordre qui se trouveraient à Diégo depuis hier matin. Une source bien informée indique que la résidence Amirauté est placée sous haute sécurité depuis hier. Des blindés seraient postés pas loin du bâtiment. Notre source dévoile que Morondava serait la prochaine destination avant l’Afrique du Sud. Chose curieuse, la communauté internationale se tait devant cette situation qui risque de compromettre une sortie de crise apaisée pour la Grande Ile. Des membres de cette communauté internationale ont tenté de trouver un consensus sur le cas de l’ancien président, mais ils auraient échoué.
Etat de santé. Hier, la famille de Marc Ravalomanana a haussé le ton pour condamner ce que le pouvoir est en train d’infliger à ce dernier. « Nous allons porter plainte. », a annoncé sa femme Lalao qui veut avoir une rencontre avec le président Hery Rajaonarimampianina pour parler du cas de son mari. Le fils Tojo Ravalomanana n’a pas caché ses inquiétudes sur l’état de santé de son père : « Papa a plus de 60 ans. Il a besoin de prendre tous les jours des médicaments. Ce qui n’est pas le cas depuis son arrestation. » En tout cas, la famille de l’ancien président appelle à une vraie réconciliation nationale. Reste à savoir si le régime en place dira non à cet appel.














jeudi 9 octobre 2014

Madagasikara : Politique du "moins pire" ou fuite en avant?

A Madagasikara pendant les campagnes présidentielles-foires tout le monde donnait son argent pour agir dans la journée, s'indignait et voulait même personnellement et sans chichis se rendre sur une décharge ou un site sensible, retrousser ses manches et mettre les mains dans le cambouis.
Jamais autant d'argent en une si courte période, alors que le Malagasy gisait à même le bitume avec moins de la moitié d'un euro par jour, n'aurait été investi à la cause Malagasy et dans tous les sens.

Parce que cela est scandaleux et que l'île devait changer aujourd'hui et désormais ne plus jamais attendre pour cela.
Parce que nos enfants doivent enfin avoir ce qu'ils méritent afin de relever demain ce pays jeune, dynamique, vaste, avec 90% d'agriculteurs.
Parce que nous devions aujourd'hui travailler à une justice sociale, mais aussi dans les domaines de l'éducation, de la santé, afin de sécuriser une population privée des paramètres qui lui permettraient de rejoindre les standards de vie à la hauteur de ses mérites.
Parce que nos Ray Amandreny, nos anciens, nous ont assez prévenu lors des nombreux espaces d'échanges, que si nous ne changeons pas alors la politique ne changera pas, qu'en ne changeant pas les causes on ne risquait pas de changer les conséquences et que nous étions responsables de cela.
Parce que nous devions tirer les leçons des erreurs du passé, des impunités et des pages sombres qui n'avaient jamais été examinées en détail et justifiées, mais que nous devions savoir faire table rase et avancer, avancer, avancer...
Parce que nous avions tiré les leçons disait-on, des gouvernances égo-centrées et hyper-présidentielles érigées qui se sont effondrées pourtant pour leurs fondations peu raisonnables ou "forcées", où se mêlaient milieu des affaires, état et fortunes...
Parce que l'Ile Rouge détient des richesses "qu'ils disent..." et que donc au plus rapidement elle avait rendez-vous avec son destin, au développement prospère.
Parce que aujourd'hui ne serait plus comme hier, que nous avons bien compris les cycles douloureux qui ont fait avorter les régimes et échouer les tentatives de chacun à prendre le dessus sur l'île rouge sans jamais désigner un héritier digne.
Parce que aujourd'hui enfin en Politika nous avons découvert des profils de femmes nouveaux, on parlait de Saraha G on parlait de Brigitte R, ou des techniciens qui avaient à apporter, il arrivait même de lire que si ces nouvelles personnalités ne venaient pas à remporter la plus haute fonction de l'état, alors elles seraient pertinentes au niveau des postes ministériels ou de leurs équipes, car le renouveau c'est aussi cela, intégrer une diversité au Palais, secouer les traditions qui ne marchent plus pour OSER changer et prendre des risques pertinents dans le sens du développement.
Parce que nos problèmes de séparation entre les ethnies n'existaient pas, que cela n'était que le reflet que de la crise et du manque de dialogue, qu'il fallait le dépasser tout comme les débats autour de la malgachisation, qui pouvaient soulever soit un nationalisme maladroit soit un rejet de l'étranger car en période de crise et de tiraillements face à la CI, tout se résume souvent aux tensions, incompréhensions,  à l'origine des troubles de l'assiette et du ventre.
Parce que nos politiciens étaient tous impliqués de près ou de loin dans des affaires et que c'est à aujourd'hui de prendre la responsabilité de ce que hier a laissé faire et d'agir avec des profils nouveaux, neutres, qui viendraient apporter une sorte de régénération du système politique et que de toutes façons, la CI ne tolérait aucun candidat passé.
Parce que Madagascar dispose d'une culture politique dans le sens "gestion de cité" forte, et que se faisant, la population avait prouvé naturellement qu'elle avait été le seul paramètre mature et fiable, stable du pays, ayant "tenu le coup" sans entraver les processus-espoirs porteurs de la période rouge après le samedi du même nom, pendant lequel elle a servi de bouclier à une transition qui a trop duré. Prenant sur elle la famine, les maladies, le chômage, l'assiette vide, et le cœur lourd de l'attente...
Parce que les Hommes Responsables en cause ou mis en cause avaient signé une feuille de route faite d'articles, et qu'ils prenaient chaque jour la décision pour 22 millions de personnes, en faisant cela.

Et qu'il était temps de changer tout cela.


ils avaient versé la caution, investi dans leur produits dérivés, investi aussi les réseaux sociaux, décidaient d'accepter tout échange, étaient à l'écoute, disponibles.
Aujourd'hui tous ces candidats nombreux dont certains ont accepté de révéler leur fortune et acquis sont en sommeil ou en retrait de la vie politique et des débats houleux et d'importance qui agitent nos caboches de citoyens dépouillés de ce qu'ils n'ont plus.
Ne comprenant pas qu'ils ont la responsabilité de changer la vision politique du jeune de 18, 21 ans à Madagascar, et assurer ainsi celle de leurs enfants et descendances en lui offrant une politique accessible, une gestion de Cité dans laquelle il est impliqué.
Qu'il a la responsabilité non de remporter une échéance un mois avant, mais de travailler à cela chaque heure, en ouvrant au peuple la possibilité de l'habituer à une politique qui sait servir le meilleur, un parti, des idées, des débats, une écoute, une réponse, des réponses, une humilité une accessibilité, une délivrance vers une conscientisation saine et digne à la hauteur de ceux qui se sont battus pour délivrer l'île continent et commencer à lui permettre d'écrire elle-même sa propre histoire.

Le montant de la propagande et campagne du président à Madagascar alors sponsorisé par le système de la transition qui mettait l'ambiance dans les gradins aurait dépassé dit-on celui de Sarkozy, nous nous rappelons bien les scènes de liesse (que l'on ne voit plus aujourd'hui) organisées autour d’euphories nerveuses et schizophrènes qui jalonnaient le passage des compétiteurs les mieux affutés.

La politique n'est pas vengeance, elle n'est pas profit, elle n'est pas attente, elle n'est pas contre-nature, elle n'est pas confiscatoire, elle n'est pas amnésique, elle n'est pas non plus improvisée.

La politique est responsable et redevable de résultats envers tous les citoyens, garante d'une démocratie juste.
la politique doit faire attention à ce qu'elle fait, ce qu'elle est et ce qu'elle montre et démontre aux vivants.
La politique doit.
Elle n'existe pas sans Cité, sans enfants, sans Parents et veilleurs, détracteurs et amuseurs, elle n'existe pas non plus sans succès, car elle n'a qu'une mission, celle de servir, et de réussir, sans jamais se dédouaner ou se défaire de ses responsabilités.
Justice et transparence, voilà ce que cela doit être, la politique, celle du développement, et pourquoi pas la nôtre.
ECH

vendredi 5 septembre 2014

A François Hollande, "Merci pour ce moment..."

 "Moi Président..."
La publication du livre de la journaliste et ex first girlfriend Valérie Trierweillier "Merci pour ce moment" fait basculer l'idéal politique. Celle qui avait publié l'album de photo "François Hollande, 400 jours dans les coulisses du pouvoir" a éprouvé sa plume à accoucher par césarienne et sous anti dépresseurs, de commentaires et phrases douloureuses à lire, tant le président se retrouve nu au lit, au lever, au coucher, au garde à vous ou mou et méchant, dans une intimité de ce qu'il y a de pire chez l'homme. Confession intime n'aurait pas su faire mieux.


Le problème ne serait pas Paris Match!? ;)

Non le problème n'est pas Paris Match, le problème réside dans le fait que de nos jours, il reste de plus en plus illusoire de mettre une quelconque crédibilité dans la fonction politique. Une insolence des élites qui commence à peser lourd sur le dos des contribuables, chômeurs, gens en précarité, jusqu'à même constater que bien des fortunés viennent aussi à fuir avec leur capitaux.
Le Grazia de Berlusconi, machine à scoop people avait publié les images du Président Normal en scooter allant voir sa maîtresse, alors que même que le Cavaliere est impliqué dans le ruby gate, "affaire politico-judiciaire à caractère sexuel" pour faire long.
A évoquer simplement, des affaires de mœurs. La "voleuse de coeur" a 17ans et le fréquente (ou est-ce lui qui la fréquente?...), lui qui en a 74, elle empoche 7000 euros, et Silvio Berlusconi affirme qu'elle a perçu plus de 4 millions d'euros en deux mois depuis les procédures. Celle qui se prétendait être la nièce de Hosni Moubarak repart le cœur léger les mains pleines. Silvio Berlusconi se pause là et passe entre les gouttes des attaques judiciaires à la chaine, au dessus du sort, ayant fait fortune en fondant le holding financier Fininvest et Mediaset, il a la main mise sur les chaînes télé italiennes pour une fortune estimée à  7,8 milliards de dollars, cela a-t-il un impact?

L'instruction, le pouvoir, l'argent, et un certain talent de l'audace et un grand manque de scrupule amènent à une folie avec laquelle le politicien semble flirter passionnément. François Hollande plombe encore plus "l'ambiance" et amène, si non à la honte de ce qui est aujourd'hui clamé haut et fort sur ce qu'il est en privé, à se prendre un "ice-bucket" violent pour sauver la cause de Valérie et scléroser l'image de la France Dassault-Chanel, puissante et raffinée, dans les bas fonds crasseux. La fonction présidentielle a bien changé, François Mitterrand avait rendu l'existence de Mazarine Pingeot presque romanesque et Jacques Chirac, Monsieur "5 minutes douche comprise", tapait le cul des vaches autant qu'il continuait à avoir un succès fou auprès de la gente féminine malgré ses frasques.
La gauche se revêt finalement d'un manteau de honte, DSK avait ouvert la voie des scandales qui font le tour du monde en moins de deux heures depuis le Sofitel, et François Hollande vient se rajouter à la liste des animaux politiques imbuvables froids et cyniques, mais talentueux. Il était déjà difficile d'entendre certains politiciens et politiciennes du le camps des frondeurs à la suite de la démission d'Arnaud Montebourg, qui laissaient entendre que le président français était un personnage dur, méchant, et sans empathie aucune, avec un sens de la gouvernance visiblement peu digeste.

C'est à croire que les esprits brillants ne peuvent être autres que "névrosés"... des purs produits bien nés, qui ont eu la chance de pouvoir cumuler Sciences Politique, ENA, HEC et carrière hors norme, être des élus, gérer des subdivisions régionales, et parvenir au débat en direct à 20h face au président en exercice pour gravir les marches de Élysées pour peu de temps après, le pas fier, être à la tête d'un des plus grands pays du monde.
Depuis même le premier jour, les décisions intimes du Président Français avaient quelque chose d'aventureux ou de revanchard. Par exemple, alors que la passation s'est faite entre le président sortant Sarkozy et François Hollande, il s'est contenté de ne pas raccompagner Nicolas Sarkozy depuis le perron et a tourné les talons alors que le président juste déménagé descendait vers le tapis rouge et son véhicule. S'en est suivi une somme de gestes critiquables quand Ségolène Royal la mère de ses enfants, et les enfants du président, ne seront pas présents à l'investiture, une signature qui annonçait déjà la couleur. Valérie marquait son territoire, percutant de plein fouet l'évidence même, niant ce qui devait servir avant tout la politique et la décence, Ségolène Royal n'étant surtout pas qu'une ex, première femme à avoir accédé au second tour d'une élection présidentielle, elle avait au préalable enclenché de nouveau l'union du parti socialiste quand elle remporte au premier tour les primaires. C'est avec 82% de participation et plus de 60% des suffrages, le parti se rassemble, les grands ténors s'alignent, comment effectivement, s'installer avec un homme qui a construit sa carrière et sa vie auprès d'une femme de ce type, Valérie a tranché, exprime ne pas savoir vivre avec cette cohabitation entre son mari et son ex femme, elle qui a été la maîtresse de François avant d'être présentée comme "la femme de ma vie" par le Président.

"Les femmes m'auront coûté cher." François Hollande, évoquant ses deux séparations avec Ségolène Royal et Valérie Trierweiler.

Valérie Trierweiller réagit mal dès le départ, et s'engage dans une vie de compagne de Président avec difficulté, réclame et défend corps et âme son métier de journaliste, quand on sait que cela ne semble pas compatible avec un couple présidentiel, surtout dans cette fonction "sensible". Elle argumentera cela en avançant même que son salaire allait servir afin d'assumer ses trois enfants...
Elle refusera le terme de "première dame" laissant là la possibilité à tous de savoir que son rang n'était de sa part que peu assumé. Les presses étrangères viendront vite s'engouffrer dans la brèche, n'intégrant pas le fait qu'un Homme président soit en concubinage à l’Élysée, craignant d'y déceler une peur de l'engagement, une façon ultra décomplexée de ne pas prôner un certain ordre des chose, piétinant de plein fouet ce qui est "politiquement correct" de faire quand on arrive aux plus hautes fonctions de l’État. Elle refusera donc l’appellation contrôlée mais acceptera pourtant son cabinet à l’Élysée, deux secrétaires, un chargé de mission et un chauffeur.

Les Sans-dents, REACTIONS DES INTERNATUTES.

"Il s'est présenté comme l'homme qui n'aime pas les riches. En réalité, le président n'aime pas les pauvres. Lui, l'homme de gauche dit en privé : les sans-dents, très fier de son trait d'humour."



Juger de l'impact de cette publication du livre "Merci pour ce moment" reste prématuré, mais rien n'est moins sûr que cela ternira la popularité déjà en berne d'un président normal qui se voulait irréprochable, sans scandales ou phrases choc, le "casse-toi pauvre con" a laissé place aux "sans-dents" il semble que Nicolas Sarkozy n'ai pas le monopole des maladresses lourdes et difficiles à gommer.
Ce livre si il ne devrait pas être classé dans "politique" reste inclassable alors et a une potentielle portée politique malgré tout, il influencera sans aucun doute l'opinion féminine, et certainement une partie du reste des français qui ne voudraient pas du personnage dépeint dans intimité par une femme qui avant d'avoir été trompée aux yeux du monde entier, a été Première compagne mais aussi une maîtresse.

On se rappelle du face à face d'un fringuant François Hollande, fier et droit, solennel et exigent, le verbe haut et la diction reposée et posée, Dukanisé qui se gargarisait au syntagme "Moi Président..."*  face à un Nicolas Sarkozy exténué par les années de présidence qu'il a -et- subies -et- dévorées goulument, les cernes creusées, le regard sombre, la répartie usée et désabusée, par la violence de l’exercice du pouvoir et du sens que la pratique seule savait y apporter.
Si les français ne doivent pas juger un homme pour ce qu'il est au réveil sans fards, ce que l'on dira de lui depuis les espaces intimes portera haut tout de même ce qui est dénoncé, même vu d'un juda déformant...

*« Moi président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité, je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l'Élysée.
Moi président de la République, je ne traiterai pas mon Premier ministre de collaborateur.
Moi président de la République, je ne participerai pas à des collectes de fonds pour mon propre parti, dans un hôtel parisien.
Moi président de la République, je ferai fonctionner la justice de manière indépendante, je ne nommerai pas les membres du parquet alors que l'avis du Conseil supérieur de la magistrature n'a pas été dans ce sens.
Moi président de la République, je n'aurai pas la prétention de nommer les directeurs des chaînes de télévision publique, je laisserai ça à des instances indépendantes.
Moi président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire.
Moi président de la République, j'aurai aussi à cœur de ne pas avoir un statut pénal du chef de l’État ; je le ferai réformer, de façon à ce que si des actes antérieurs à ma prise de fonction venaient à être contestés, je puisse dans certaines conditions me rendre à la convocation de tel ou tel magistrat ou m'expliquer devant un certain nombre d'instances.
Moi président de la République, je constituerai un gouvernement qui sera paritaire, autant de femmes que d'hommes.
Moi président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres, qui ne pourraient pas rentrer dans un conflit d'intérêts.
Moi président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leur fonction avec un mandat local, parce que je considère qu'ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche.
Moi président de la République, je ferai un acte de décentralisation, parce que je pense que les collectivités locales ont besoin d'un nouveau souffle, de nouvelles compétences, de nouvelles libertés.
Moi président de la République, je ferai en sorte que les partenaires sociaux puissent être considérés, aussi bien les organisations professionnelles que les syndicats, et que nous puissions avoir régulièrement une discussion pour savoir ce qui relève de la loi, ce qui relève de la négociation.
Moi président de la République, j'engagerai de grands débats, on a évoqué celui de l'énergie, et il est légitime qu'il puisse y avoir sur ces questions-là de grands débats citoyens.
Moi président de la République, j'introduirai la représentation proportionnelle pour les élections législatives, pour les élections non pas de 2012, mais celles de 2017, car je pense qu'il est bon que l'ensemble des sensibilités politiques soient représentées.
Moi président de la République, j'essaierai d'avoir de la hauteur de vue, pour fixer les grandes orientations, les grandes impulsions, mais en même temps je ne m'occuperai pas de tout, et j'aurai toujours le souci de la proximité avec les Français. »


Un examen de conscience est de plus en plus attendu, la fonction présidentielle de De Gaulle, de Mitterrand, exige une certaine rigueur et une haute exigence envers soi-même avant tout, il faut aujourd'hui savoir que rien ne saura rester secret dès lors qu'il peut y avoir faute de comportement, mensonge ou trahison. Qu'un pays est à l'image de ses dirigeants, que donc ils se doivent à la retenue et au respect de leur patrie avant de faire passer leurs égos, désiratas et caprices couteux et autres excès d'humeur.
Nous sommes ce que nous faisons, et aujourd'hui, grâce aux réseaux sociaux, aux médias alternatifs, aux "fuites", les opinions publiques seront de mieux en mieux informées, mais elle font déjà le travail d'avoir suffisamment d'acuité pour en découdre avec la haute sphère politique. De grandes déceptions s'enchainent, des scandales ont eu la peau d'hommes qui portaient énormément d'avenir et que l'on n'aurait jamais imaginé comme révélés...

« J'avais évoqué une présidence normale. Rien n'est normal quand on est président de la République, puisque les conditions sont exceptionnelles, le monde traverse une crise majeure, en tout cas l'Europe. Il y a des conflits dans le monde, sur la planète, les enjeux de l'environnement, du réchauffement climatique : bien sûr que le président doit être à la hauteur de ces sujets-là, mais il doit aussi être proche du peuple, être capable de le comprendre. » -François Hollande

«Le temps est venu de clore ce récit, écrit avec mes larmes, mes insomnies et mes souvenirs dont certains me brûlent encore, écrit-elle. Merci pour ce moment, merci pour cet amour fou, merci pour ce voyage à l'Élysée. Merci aussi pour le gouffre dans lequel tu m'as précipitée. Tu m'as beaucoup appris sur toi, sur les autres et sur moi-même. Je peux désormais être, aller et agir, sans craindre le regard d'autrui, sans quémander le tien. J'ai envie de vivre, d'écrire d'autres pages de cet étrange livre, de ce singulier voyage, qu'est une vie de femme. Ce sera sans toi. Je n'ai été ni épousée, ni protégée. Puis-je seulement avoir été aimée autant que j'ai aimé.» -Valérie Trierweiller

Erika Cologon Hajaji


mardi 27 mai 2014

Etre de France après les Europpéennes 2014, "Français de souche"

France & politique : Se poser les bonnes questions.

Ce qui reste de leader à ceux qui occupent la sphère politique prie les peuples, et nos politiciens comme de mauvais croyants, pratiquant à l'arrache, expient succinctement leurs fautes de la semaine au dimanche levé à la messe, en rhabillant leur lundi qui suit vite venu, d'actes sans morale ou éthique. Cette détresse exprimée "les yeux dans les yeux" exprime bien l'errance des tenants du pouvoir en France, leur stérilité, leur incapacité à proposer fermement, en venir à supplier le réveil patriotique alors que le Titanic percute sa cale en fond d'océan bleu marine... IMPUISSANCE.
Attendre du peuple ce que les politiciens n'ont pas fait reste choquant et scandaleux. Une poignée d'Hommes se démettent de la boue du pouvoir qu'ils ont trouvé si grisant avant que cela ne leur échappe, quand, comme des petits garçons, ils se retrouvent seuls au soir venu, entourés des ruines de ce qu'était le Grand pays qui leur a permis d'accéder au pouvoir, sur des principes contraires à ceux qui aujourd'hui tiennent le dessus du pavé.
Tant de nos politiciens sont pourtant le résultat d'un pays dans lequel il est possible qu'une femme sans aucune génération avant elle née en France soit Maire de Paris, capitale économique première région Européenne niveau PIB, ou qu'un naturalisé à 20ans, tienne les hautes responsabilités de chef du gouvernement Français. Il est aussi possible de tenir les instances du plus grand parti de droite en étant d'origine étrangère de ses deux parents, en ayant eu un grand père qui a fui l'antisémitisme, et ne pas prendre garde à des amalgames d'idéologie avec le FN, encourageant des raisonnements courts qui visent à travailler sur des propos nauséabonds.
Il est aussi possible en France, que fils de père immigré, on devienne même Président de la République.

Comment en est-on arrivé à là, quand l'ingratitude des politiciens face à leur propre histoire familiale et intime, les amène à privilégier les calculs politiques et tactiques au détriment de ce pourquoi ils sont là où ils sont. Ces calculs qui décideraient que UMP ne veut pas se mettre FN à dos, sans vraiment dire qu'ils n'ont rien à faire ensemble face au PS, un PS diminué, touché en plein cœur, d'affaire de cœur en affaire d'évasion fiscale, on a découvert la gauche qui surtaxe, celle qui enlève le fuel au retraité, plus un sou sous le matelas.

Ils doivent à la France ce qu'ils ont participé à détruire.
Qu'ont-ils fait de cette magnifique chance, ce privilège, d'avoir pu faire des études brillantes, science-po ou ENA, d'avoir pu et su s'imposer devant d'autres alors en place, d'avoir su s'appuyer sur qui il fallait et délaisser les autres pour accéder aux plus hautes marches, porte fanions du contraire de la panne de l'ascenseur social, quoique aucun d'eux ne sorte de Zep ou de banlieue...
Que font-ils sans rougir des affaires gluantes liées aux malversations financières, qui ont touché les grands partis de France.

La crédibilité aujourd'hui brisée.
Les politiciens de tout bord usent de stratégies bien plus travaillées que les actes courageux et forts qui ne viennent pas, plus aucun parti n'est englué dans des affaires crapuleuses de voyous en col blanc, et l'Europe fait tomber le voile de pudeur de ce qui se pensait tout bas sans avoir été osé d'être prononcé. Un voile que l'extrême droite aimait à dénoncer, voulant aller à la confrontation avec désinvolture avec la réalité plurielle de la France, ce qui est plus une force qu'un talon d'Achille, un atout, la France n'est pas malade, ce sont ces responsables politiques qui se sont défaussés.
Ils ont laissé les banlieues s'enflammer sans jamais éteindre les incendies dévastateurs qui confisquent le présent et d'avenir, ils ont laissé les grandes phrases accrocheuses et violentes se dire et se répéter,  ils ont laissé les précarités se creuser, les jeunes, les personnes âgées, pas d'embauche après 40ans, pas d'embauche au sortir des études aussi longues soient-elles car sans expérience, plus d'impôts moins de salaire, pas de logement sans gagner trois fois le loyer, ça donne vite le besoin de sauter par dessus le tourniquet du métro parce que pas de ticket pour intégrer la Vie, celle qui vaut.

Un vieux continent si riche de diversité, de langues, de culture, de très grandes Histoires, histoires de vainqueurs, au prix de Sang pour les patries.


A chaque temps ses perdants, pour quels gagnants? Qui écrira alors maintenant l'histoire, l'histoire de nos enfants et des leurs.
La politique a réussi à se mettre en échec sur les terres des grandes "puissances" comme vidées de leurs avenirs prometteurs, qui cumulent les chèques sans provision, pour garantir un avenir creux.
Sur tous les horizons des sommes colossales sont investies pour que le système ne sauve que les intérêts déjà forts, des extraits de documentaires édifiants crient la vérité pour le petit qui l'entend, celui qui n'a pas accès. Les inégalités se creusent, les précarités s'engouffrent dans les brèches des indignés les plus nauséabonds, les plus crus, les plus imprévisibles, ceux qui portent les gènes d'un créateur qui prendrait Ebola comme moyen d'extermination des indésirables, ou qui peut dédaigner l'horreur des fours crématoires d'Hitler et des charniers encore aujourd'hui à fleur de peau..


Les sphères d'influence sont amenées à ne plus servir que ceux qui sont rentables grâce aux fourmilières, aujourd'hui on ôte des maigres euros à des travailleurs pauvres, on remet légalement l'esclavage moderne légitime, en Europe trois fois plus de logement vides que de sans logis, le colosse aux pieds d'argile, mal aimé, peu admis, porte haut la valeur de monnaie sans savoir servir l'Homme, excentré maintenant des schémas économiques et politiques.
Sait-on fabriquer de la croissance sans emplois, sait-on fabriquer de l'emploi sans investissements dans le secteurs de demain...






Nous sommes tous des étrangers, la seule manière de sortir de cet état ne passe que par le respect, le partage et la considération des curseurs d'Autrui à être et penser comme il pense, le vivre ensemble ne sera que la seule issue, il ne faut pas se tromper de colère, et de guerre.
Ce que le Front National avance au niveau Européen peut se débattre, un protectionnisme qui protège ce que l'on peut produire pour soi, une ouverture sur ce que l'on ne produit pas qui viendrait de "dehors", l'incompatibilité entre des salaires non lissés sur l'espace européen et la libre circulation qui peut encourager un exode vers les pays qui payent mieux... Une représentation à la proportionnelle au sein des sphères de décision...

Mais toutes les questions de France, pour la France. la France, cette dame qui a perdu aujourd'hui de sa vigueur et qui ne sait plus ou poser ses promesses, ne sera jamais revigorée de tout ce que ce parti compte lui ôter définitivement. Le territoire de France est celui qui a construit sa force depuis le continent jusqu'à d'autres terres et peuples divers au travers l'époque coloniale après bien des batailles historiques, braves et mémorables, ternes aussi, mais il s'est aussi développé grâce aux mesures de droit du sol et du sang.
Aujourd'hui il y a rejet de ce qu'hier était stratégique et politique, la nier aujourd'hui c'est nier le sein qui l'a allaitée, le ventre qui l'a portée, la patrie des droits de l'homme qu'elle est aujourd'hui, preuve de ce qu'elle a su murir et aguerrir.

Etre français de souche?

Etes vous sûr de ne porter aucun gène autre que Français issu de la métropole. Cette affaire de "français de souche" comme seuls représentants de la vraie France soulève le sujet brûlant de la terre de France, si multiple, si plurielle.
La France elle-même et énormément de territoires aujourd'hui qui sont Français, portent en eux des Français d'ailleurs, issus de bien des mélanges témoins de histoire individuelle accaparée et rendue inaudible par la colonisation, des Français qui le sont depuis plusieurs générations, mais qui révulsent ceux du Front National parce que leur faciès trahissent des gènes autres. Un front National qui culpabilise ceux qui ont des droits et qui remplissent leur devoir de citoyen avec leur identité et leur histoire, plus celle d'autrui devenue la leur plus que jamais.

On peut être eurosceptique, sans se tromper de boite aux lettres, le FN a reçu trop de courrier par erreur, aucun d'eux ne sera retourné à l'envoyeur.


ECH

mercredi 21 mai 2014

Prix des terrains domaniaux : entre enjeux sociaux et économiques


La législation Malagasy permet aux citoyens d’accéder à l’appropriation d’un terrain de plusieurs manières: l’héritage, l’achat, la donation, la mise en valeur d’un terrain nu,   la régularisation ou la prescription acquisitive pour une occupation de longue date sur un terrain déjà titré, ainsi que la demande d’acquisition (réquisition) d’un terrain domanial. Cette dernière figure parmi les opérations les plus demandées au niveau des circonscriptions domaniales, parallèlement aux transactions sur des terrains privés titrés. Les dispositions légales autorisent l’achat à l’Etat et l’immatriculation de ces terrains, même sans mise en valeur préalable. Le prix reste toutefois un paramètre.
 
Le Domaine Privé de l’Etat
Par la Loi 2008 - 014, le Domaine privé de l’Etat (plus connu sous l’appellation de « terrain domanial ou tanim—panjakana ») comprend les terrains « vacants et sans maître », sur lesquels aucune mise en valeur ni occupation permanente n’est attestée, et les terrains titrés au nom de l’Etat. Pour la première catégorie, la législation permet de faire une demande d’acquisition, pourvu que le terrain ne fasse pas partie du domaine public qui ne peut pas faire l’objet d’appropriation. Pour la seconde catégorie, l’occupation de longue date et paisible pourrait faire l’objet d’une régularisation ou d’un achat si l’Etat l’autorise. A partir de 2005, la présomption de domanialité ne s’applique plus sur les terrains qui ne sont pas encore titrés ni cadastrés, mais qui font déjà l’objet d’occupation ou de mise en valeur. Ces terrains font partie de la propriété privée non titrée (PPNT) et ne peuvent plus être demandés pour l’immatriculation. 
 
 
Terrains à vocation édilitaire et à vocation agricole
La fixation des prix des terrains du Domaine Privé de l’Etat (*) tient en premier lieu compte de deux paramètres: la localisation du terrain (urbain, rural), et l’usage ou la vocation du terrain. Pour la seconde catégorie, on distingue les terrains à vocation édilitaire (pour la construction, usage touristique), à l’opposé des terrains agricole ou à vocation de reboisement.
Les prix ont été fixés de manière à autoriser l’accès de toutes les classes sociales, tout en tenant compte de l’indice de prix à la consommation, des barèmes utilisés par les services d’enregistrement, et du manque à gagner de la caisse du trésor public.
Les tarifs peuvent aussi être différents selon le niveau de vie du demandeur. Des prix minima seraient appliqués pour certaines couches vulnérables (petits paysans et citadins à faible revenu). L’Etat a d’ailleurs la latitude pour apprécier le taux à appliquer pour chaque demande  selon  la vocation et la nature du terrain,  ainsi que la situation sociale du demandeur.
(*) Décision 09/10 – DOM du 08 Avril 2010  concernant les prix proposés au niveau des circonscriptions domaniales.
 
 
Zones à fort potentiel agricole et grands centres urbains
Pour les terrains ruraux, une tarification supérieure à 5.000 Ariary a été assignée aux zones à fort potentiel agricole, concernant les Régions du Vakinankaratra, Itasy, Bongolava et une partie de l’Alaotra Mangoro. Cette disposition n’a toutefois pas été appliquée aux zones fertiles autour de Marovoay , évaluée entre 500—1000 Ar le mètre carré. Curieusement, les prix sont élevés dans des zones moins agricoles comme dans l’Anosy et l’Atsimo - Andrefana (1.000 - 5.000 Ar/m²) alors que les cours dans les régions convoitées par les grands investisseurs sont plus bas (60-500 Ar/m²) : régions de Boeny, Sofia et Melaky.
Pour les centres urbains (Commune Urbaine de catégorie 1), Antananarivo affiche le prix le plus élevé, en moyenne autour de 100.000 Ar le mètre carré. Il est suivi par Nosy - Be, Sainte - Marie, Antsirabe et Toamasina, pour lesquelles le mètre carré coûte aux environs de 10.000 Ar (voir figure à droite).
A part l’achat, les terrains domaniaux peuvent être cédés sous forme de bail (ordinaire ou emphytéotique), surtout pour les investisseurs étrangers. La redevance locative payée annuellement est fixée à 10 % du prix de vente du terrain.
 
 
La nécessité de transparence, de révision et d’alignement des prix
Il y a lieu à signaler que les registres (argus, mercuriale) consignant les tarifs applicables aux transactions foncières sont différents au niveau des services domaniaux et des centres fiscaux. Souvent, ces tarifs ne sont pas portés à la connaissance des usagers, à l’origine de l’application de pénalités inattendues. Une initiative dans le sens de l’alignement de ces tarifs est en cours actuellement. Par ailleurs, il y a lieu de réviser à la hausse les prix, et de les rapprocher des cours des transactions sur les terrains privés pour les terrains domaniaux à fort potentiel résidentiel, touristique (cas du littoral de Toliara) ou industriel. Ces zones font souvent l’objet de spéculations immobilières de la part d’agences ou de privés, à l’issue desquelles les prix peuvent décupler une fois le terrain aménagé et titré. Cette plus - value bénéficie très rarement à l’Etat. 
- See more at: http://www.observatoire-foncier.mg/article-98/#sthash.oRSYrjEk.dpuf

Rado Rabeantoandro, Rivo Andrianirina Ratsialonana -

jeudi 8 mai 2014

Le Monde et l'Afrique, la France, François, Bernadette et Nicolas aussi.

            François Hollande dit "Gardez l'Europe mais changez-la", alors que Mme Chirac passe au 13h pour dire que son mari ne se rend pas compte de ce qu'il n'est plus, en glissant en fin d'interview que Nicolas a toujours été auprès d'elle comme un fils, et qu'elle souhaite qu'il revienne.

Si la politique ne nous comprend pas, elle nous prend vraiment pour des benêts et c'est pire, des zombies sans cervelle qui ne pourraient lire entre ses lignes, et voir plus loin que les bouches qui servent de relai à un ordre économique inexistant et un cumul de déséquilibres autant calculés que non maîtrisés, conséquences des maîtres chanteurs et autres magiciens impuissants parmi les puissants. mauvais calculateurs pour autrui...

Le 8 Mai est entaché par le décès d'un jeune militaire de Calvi dont le véhicule a été touché par une mine et rappelle la politique en Afrique, quand depuis la Libye de l'OTAN, et ce que les amaigris de conscience appellent "le souffle du printemps arabe", trop de drapeaux noirs d'Al Quaida ou de mouvements autres extrémistes structurés et tissés au cœur des populations cibles flottent au vent, l'itinéraire fier et insolent, face au monde. Devenant ainsi ceux qui menacent le mieux et sur lesquels rien ni personne n'a d'emprise réelle malgré les investissements militaires et humains des Américains en la matière se justifiant de cela.
Qui aurait cru que la chute de Moubarak, Kadhafi, ou Ben Ali, puisse aussi franchement faire pencher la balance vers les extrémismes religieux. Mais les greffes ne prennent pas toujours, aux peuples déterminés et autodéterminés de faire la différence, la Tunisie chasse avec énergie de ses terres les Salafistes qui prêchaient en pleine rue, prenaient des jeunes femmes pour les enrôler et instillait une religion de confiscation des droits qui établissent l'égalité et l'épanouissement connu et su entre hommes et femmes, banalisant un Islam qui n'est pas celui d'une grande nation dont les femmes ont voté avant même celles de France.

Si BHL le philosophe affirme sur les seuls plateaux qui le mette en lumière, que la Libye n'a jamais été aussi démocratique et libre, elle porte comme coquetterie depuis le jour de "la libération" de Benghazi au toit de son tribunal, le drapeau noir d'Al Quaida et le retour de la Charia...
Une chose est sûre, c'est qu'aujourd'hui il est aisé de différencier l'Islam inadapté aux Hommes de celui qui est vécu sur bien des terres de façon respectueuse, modérée et tolérante, il suffit de regarder et écouter les bandes enregistrées de Boko Haram pour réaliser avec certitude que cet Islam qui a perdu la tête, celui qui viole, qui rapte, qui vend, n'est pas celui que l'on sait vivre en 2014, sous les cieux des pays et des citoyens dont les valeurs permettent justement une religion qui accepte la modernité et les défis d'aujourd'hui, tout en conservant ce qui appartient à la sphère privée de tout pratiquant qu'il soit juif, catholique, bouddhiste ou autre.
Il faut savoir regarder froidement et avec recul, que si la France compte approximativement 5 millions et plus de musulmans, il reste fort inapproprié de laisser sur la route des anecdotes immatures telles que celles des pains au chocolat de Copé tant l'heure est grave, tant aucun catholique ou musulman ne souhaite la stigmatisation de l'un ou de l'autre, à chacun de se rapprocher de ses Livres et d'y trouver une allusion raisonnablement déduite selon les paramètres du pays dans lequel le croyant évolue.

Reste surtout à REGLER les problématiques des ZEP et autres banlieues de toutes grandes villes Françaises toujours en mal de survie, qui sont de véritables machines à fabriquer le drame et la génétique de la précarité, laissant sur les bitumes des nouveaux nés condamnés à échouer et à définir ce qui est le rejet. Quand "cités à problème" signifie avant tout cités reniées, non reconnues, abandonnées, exclues du schéma général de la société. A force de constats répétitifs on a finit par délaisser les solutions pour accuser les problèmes, n'assumant pas l'incompétence des politiciens et des analystes de nos sociétés d'hier et d'aujourd'hui à résorber les plaies et brèches qui affaiblissent la société française, désolidarisent les Hommes, découragent les plus vaillants, même si aujourd'hui la "France d'en bas c'est partout et pas seulement en banlieue, et que devant les difficultés de la vie et un pouvoir d'achat estropié tout le monde est égal.
C'est justement cette égalité qui est recherchée, le droit à l'indifférence plus qu'à la différence.
Essai sur la stigmatisation en France et ses origines :
" Robert Castel fait apparaître que la situation matérielle, sociale, économique, culturelle et symbolique de ces jeunes s’enracine dans les politiques conjointes d’urbanisation et d’immigration qui sont menées depuis près de 60 ans, dans le colonialisme et le post-colonialisme ainsi que la discrimination raciale qui leur est liée, dans la paupérisation et la précarité qui frappent ces populations. Leur situation trouve son origine dans une série de stigmatisations et de discriminations.
Ce que sont ces jeunes – si parler de manière aussi globale a un sens – n’est pas la manifestation d’une nature ou essence qui serait celle « des Noirs ou des Arabes », mais résulte d’un contexte et de processus qui concernent l’histoire et les représentations de la société dans son ensemble. C’est cette dimension historique, sociale et idéologique qui est occultée par les processus de stigmatisation et de discrimination, qui fonctionnent en interprétant en termes de nature ou d’essence ce qui relève du social et de l’histoire. Les discours qui, comme celui de Finkielkraut, réduisent les violences de 2005 à un problème ethnique, masquent cette dimension, empêchent la reconnaissance du fait que les problèmes des banlieues renvoient à ce qui traverse la société entière, donc empêchent que la société elle-même (son histoire, ses représentations, son fonctionnement) soit questionnée par ceux-ci." (la Discrimination négative, de Robert castel)"



Revenons à BHL et son aLibye.
 "Dans ses premières années d'indépendance, la Libye est classée par l'ONU parmi les pays les plus défavorisés de la planète : 94 % de la population est analphabète. L'unité nationale demeure fragile, et l'influence du Royaume-Uni, qui renouvelle en 1953 pour vingt ans ses bases militaires en Libye, demeure prépondérante. Les États-Unis renouvellent également leur base militaire en 1954 pour seize ans. L'Italie obtient la garantie des biens de ses colons, qui peuvent librement les conserver ou les vendre, mais verse des dommages de guerre à la Libye. Le Royaume-Uni, dont les anciens fonctionnaires de Tripolitaine sont restés en Libye des conseillers très écoutés, et les États-Unis, conservent une forte influence sur le royaume, auquel ils accordent une aide financière et alimentaire substantielle, et qui leur accorde en retour l'usage de bases militaires et aériennes. En 1956, la découverte de gisements de pétrole par la compagnie Libyan American Oil bouleverse l'économie de la Libye, en lui apportant des royalties inespérées" (Wikipédia)
Voilà bien une histoire d'une grande banalité, quand des pays commencent à vivre dans les années 60, tout comme d'autres, comme les nôtres. Sorti des colonisations dépouillée du rien qu'elle avait, elle entrera dans une phase encore plus violente, mais en même temps, partir de rien c'est encore une autre façon de s'en sortir de toutes façons.

                                                     La Conférence de Berlin et après?...
 

             Aujourd'hui si la France et d'autres pays des puissances Occidentales sont présents pour maintenir l'Ordre chez les autres, il reste intéressant de ne pas fermer les yeux devant un énième documentaire comme celui diffusé hier au soir sur celui qui dirigeait l'Afrique,cher Mr Foccart, fin instigateur de l'Ordre voulu pour les intérêts autres que ceux des populations locales Africaines des terres partagées autour d'une table entre hommes de belle vie, et avec une légèreté déconcertante.

Si nous ne devons pas verser dans l'autoflagellation, aisé de constater que les pays qui ont pu intégrer la belle machine Foccart, aujourd'hui n'ont pas encore mérité meilleur destin, ne sont pas encore entrés dans l'histoire, n'ont pas les hommes qui prouvent que les Africains pourraient vivre avec plus de deux euros par jour, avec un sous sol insolent de richesses et des âmes en sursis dessus.


Poutine aujourd'hui endosse ce qui reposait à tort ou à raison sur les épaules du Guide Libyen, la confiance de ceux qui pour toutes les raisons raisonnables comme ubuesques, ont une occasion de se méfier "des autres". Ces autres qui ont des économies éventrées, ne nourrissent que les canons et laissent les ventres creux.

Ces autres, qui sans vergogne, décident du sort d'autrui en bafouant la réalité démocratique possible sur des terres qui sentent déjà le souffre, alors que nombre de pays "développés" sont en régression, chez eux aussi les précarités se creusent, les gaps entre les basses classes et les aisées étant abyssaux, les jeunes comme les plus âgés, les couples comme les sans familles...
Si il est aisé de remettre en question et de sanctionner de désapprobation les actes du Guide, ou sa démagogie, si il y a grand désir d'exporter la Démocratie il faudra choisir autre chose que les financements, formations, armements des oppositions, le renversement des chefs d'Etat bien ou mal en place, ou encore les assassinats de ceux-ci, car cela ne redore pas le blason de ce que les peuples même souhaitent pour eux mêmes, et de cette manière tu ôtes le pouvoir du peuple au peuple, et prône le juste contraire de ce que tu prétends éclairer.
Les Tunisiens ont mis le temps pour faire tomber un grand ami de la France, qui n'a jamais été jugé comme dangereux pour son peuple ou sa patrie, les Egyptiens ont réussi à faire venir le leur à son tour déchu derrière les barreaux de sa cellule de jugement de tribunal, beaucoup moins d'investissements en tomawaks et en interventions militaires lourdes qu'en Libye... Certains chefs d'Etat aux fortunes scandaleuses avec des populations opprimées sont encore sur le tapis rouge de l'Elysée, Elysée devenue absolument muette quant aux affaires Africaines, rien de mieux que de supprimer la cellule, le mutisme, seul possibilité.

Ces alliances singulières si elles sont compréhensibles et naturelles sous l'OTAN entre France, Britanniques ou Américains, sont dénoncées  quand il s'agit de la BRICS. BRICS que les Africains ne conscientisent qu'insuffisamment, n'ayant pas le souffle pour laisser leur survie de côté face aux défis de chaque jour, pour prendre leur force et leur responsabilités d'Hommes du Monde.

C'est relativement récent de se retrouver dans un groupe qui peut faire contrepoids face au bloc OTAN et avec une autre "psychologie" politique. En se ralliant à des forces émergentes, la Russie prouve une empathie non dissimilée et une capacité à assumer les difficultés qui résident à soutenir et considérer comme égal et allié, plus petit que soi.
Rien qu'en cela alors il sera possible d'écouter, même sans l'entendre vraiment, que certaines parties du monde vont avoir une vision plus souple sur les évènements qui relient Poutine à la Crimée, ou encore les volontés contraires posées avec la Chine face à la situation Syrienne.

                                        C'est d'ailleurs ici tout l'enjeu, chaque réaction populaire par exemple s'explique souvent par des raisonnements tels. Qui sont souvent dénigrés par les plus grands, qui eux même pourtant pensent de même, mais dans leur sens...

Selon le Legatum Institute, qui combine ressources et indice de bien être des populations en considérant  l’économie, l’entrepreneuriat, l’éducation, la santé, la gouvernance, la sécurité, les libertés individuelles et le capital social, certains pays se détachent, avec une fougue inattendue comme l'Egypte, qui en 2010 était 89ème selon les indices de prospérité et se retrouve aujourd'hui 10ème, on y trouve aussi le Botswana ou encore le Malawi. Le Nigéria est devenu la première puissance du continent d'ébène et passe devant l'Afrique du Sud. L'Afrique est, en pas seulement au figuré, un Continent qui se lève, non qu'il ait tardé à la faire, mais qu'il n'a que maintenant seulement les moyens premiers peu importe lesquels ils sont, de se faire entendre. Le continent Noir et les zones ralliées sont aujourd'hui comme hier, et ainsi il en sera demain, un "partenaire" indispensable aux autres qu'il le veuille ou non.

LA BRICS : "Les cinq pays composant le BRICS sont pour la plupart considérés comme des grandes puissances émergentes , ils sont respectivement les sixième, neuvième, dixième, deuxième et vingt-neuvième puissances économiques mondiales (au sens du PIB nominal) et septième, sixième, troisième, deuxième et vingt-cinquième en parité de pouvoir d'achat. Ils comptent 40 % de la population mondiale et, en 2015, ils devraient assurer 61 % de la croissance mondiale selon le FMI . Leur place dans l'économie mondiale croît fortement : 16 % du PIB mondial en 2001, 27 % en 2011 et d'après des estimations, 40 % en 2025. En 2011, le BRICS totalisait un PIB de 11 221 milliards pour près de 3 milliards d’habitants .

-ECH

jeudi 27 mars 2014

Hery Rajaonarimampianina : Baptême en eau profonde



Alors qu'on attendait avec impatience que chaque journaliste étranger se prenne la langue dans le tapis et trébuche à chaque fois que le nom de "Rajaonarimampianina" devait être prononcé, on a vite envie de rajouter "Rakotoarimanana" pour pimenter un peu le jeu, tant ils ont relevé le défi de prononciation qui avait enflammé toute la sphère du microblogging.

Les médias étrangers ont été au rendez-vous pour les premiers déplacements du Président Malagasy qui a entamé sa tournée à l'International. Son déplacement en France a déclenché un engouement palpable tant des malagasy de la diaspora, que des probables partenaires ou soucieux des phases à venir vers la relève du pays. L'Ambassade de Madagasikara à Paris s'est vue être submergée de visiteurs tous venus s'enquérir de la bouche même du chef de l’État, des mesures et des visions qui sont les siennes et qu'il devra défendre et avancer sans ambiguïté devant l'urgence.

Sur le net circulent les nombreuses interventions du nouvel élu, qui ré-intègre Madagascar dans le concert des Nations, après 5 années d'exclusion de la part de la communauté internationale.
La presse locale s'est énormément mobilisée autour des actes du Président, dans une conjoncture encore une fois "endémique", qui permet à un ancien chef du gouvernement alors désigné sous la Transition, de garder son siège, le temps de nominer un Nouveau Premier Ministre. De nouveaux médias ont pointé du doigt les dépenses engagées par une économie prise à la gorge, qui selon eux n'aurait pas les moyens d'assumer de si coûteux déplacements de délégations, quand d'un autre point de vue, il semble à d'autres que pour retrouver une confiance et une crédibilité suite à tant de péripéties extra-constitutionnelles et une situation désastreuse, il est de première importance de choyer les relations internationales quand on sait que l'économie dépendrait de 40 à 60% des apports extérieurs.   

Les retour de la Banque Mondiale et du FMI font la une des « gazety » affichées les unes sous les autres sur des panneaux de rue et les passants ont tous un avis sur la question, scepticisme ou Salut, chacun y va de son commentaire, quand les malagasy se sont habitués comme d'autres peuples malheureusement, à savoir que des appuis considérables sont donnés à leur pays, quand en échange, l'argent ne va qu'aux riches et creuse de plus en plus les inégalités et les précarités.

De toute évidence c'est un problème de « temps » politique que la majorité des penseurs a. Il resterait incompréhensible que presque trois mois après l'investiture de Hery Rajaonarimampianina, le premier ministre chef du gouvernement n'ait pas encore été désigné. Cette question cruciale a aussi brûlé les lèvres des journalistes français qui ont demandé interview au Président et ont entamé un jeu de devinette inconvenant afin d'obtenir le nom du futur PM avant l'heure.
Si le Président explique que le temps qui est pris maintenant est pertinent face aux luttes de pouvoirs à résorber ou aux divergences d'intérêt qui s'opposent au moment où l'on parle, il avance que l'article 54 a besoin de suffisamment de lectures pour être exécuté.

C'est un échange assez inhabituel pour TV5 qui prend forme entre les journalistes et le Président, avec des questions posées de façon très envahissante, peu de temps de respiration pour lui, et des obsessions des journalistes qui si certes légitimes, frontalement exposées sans tenir compte de la forme qui est de rigueur face à un chef de l’État. Pas de « Son Excellence » avant Hery Rajaonarimampianina en bandeau d'écran, la scène était installée plus informelle que formelle même si le drapeau se tenait fier en arrière plan. Les multiples emplacements des journalistes forçait le Président à un regard jamais fixé et qui pouvait par erreur d'interprétation, faire croire à un certain manque d'assurance... Alors qu'en fait trois journalistes face à un seul homme en général sont alignés au même niveau avec une « proximité » maîtrisée. Il faut avant tout remercier la volonté de Hery Rajaonarimampianina d'avoir accordé les interviews sur tous les médias sur lesquels interventions pouvaient se faire, et avec à chaque fois les mêmes intentions et une attention soutenue, devant le marathon qui a été le sien pour ce baptême en grand bain devant la diaspora, et les représentations des partenaires et secteurs privés.
Le Président élu a démontré une simplicité d'approche des réponses peu courante. Parlant peu la langue de bois, il s'est préféré un langage dépouillé d’ambages, n'allant pas user de stratagèmes pour éviter les questions sensibles, et privilégiant l’honnêteté de ce qu'il pense au moment où il le pense.

On soulignera les sujets qu'il a relevé comme prioritaires tel que la lutte contre la corruption et la mise en place d'une Justice efficace, le souhait de développer le secteur agricole et de se pencher sur les contextes sociaux via l’éducation et la mère et l'enfant. La reconnaissance Internationale selon lui ne fait plus de doutes, dès lors qu'il aura dit-il, fait le nécessaire pour rassurer les partenaires principaux stratégiques dans l'attente d'une conformité des actes en rapport aux engagements pris devant eux.
La question qui concerne ses relations avec Andry Nirina Rajoelina était très attendue, le Président a été court et concis en avançant que l'ancien Président de la Transition pouvait penser ce qu'il pense et dire ce qu'il dit, cela s'arrêterait là, en gros, qu'il n'aurait rien à y ajouter tout autant que chacun reste dans ses prérogatives. Le MAPAR est pourtant toujours motivé même si ébranlé par le fait que le Premier Ministre Resampa, soumis à l'attention du Président, n'a pas été retenu pour le poste de chef du gouvernement.


Jusqu'ici on notera une certaine inflexibilité du nouveau Président face aux forces passées, basculées maintenant dans l'opposition, celles de ANR. Les journalistes étrangers ont eu du mal à suivre les épisodes mouvementés de la vie politique malagasy qui ont rythmé les premières minutes de la présidence, un face à face intense stratégique entre les forces ralliées par ANR et celles naissantes encore « vertes » du nouveau Président élu. Tout un chacun s'est surpris à constater que celui qui avait été « le Poulain » de circonstance et de dernière minute du chef de la Transition éternelle cabrait et montrait une aversion certaine envers les membres installés et équipiers de la Transition, alors que hasard du calendrier ou concours de circonstance, le milliardaire Ravatomanga, se voyait être mis sous Interdiction de sortie de territoire pour enquête semblait-il. ce même milliardaire qui avait collaboré au financement de la campagne qui a érigé Hery Vaovao à la tête du pays.

Andry Nirina Rajoelina n'a certainement pas dit son dernier mot, empêché à l'accession du poste de PM par les attentes internationales et certainement présidentielles, revivifié du nouveau parti qu'il a enrichi de députés, il bat campagne dès maintenant pour les prochaines échéances présidentielles, fidèle aux déclarations qui étaient les siennes quand il annonçait qu'il serait candidat en 2019.
Erika Cologon Hajaji

jeudi 6 mars 2014

Hyacinthe Befeno Todimanana : Une grande Présidence Possible à Madagasikara

Pour la Paix durable, l’opportunité d’une grande présidence

10 March 2014 at 10:03


Hyacinthe Befeno Todimanana, Antsohy/Novembre 2013

 Depuis le 25 janvier 2014, Madagascar a officiellement un nouveau Président, RAJAONARIMAMPIANINA Hery, élu au suffrage universel direct. Depuis son discours d’investiture, le nouveau Président a réitéré à maintes reprise que son mandat serait placé sous le sceau de la réconciliation nationale et du redressement économique, en insistant particulièrement sur la question de la réconciliation nationale, élément central de sa politique qu’il a qualifié lui-même de « non négociable ».

Aujourd’hui nous sommes dans une situation où même après des élections sensées sortir le pays de cinq ans de crise, les forces politiques en présence sont incapables de se mettre d’accord sur une lecture commune des enjeux qui attendent notre pays. Les discussions et chamailleries autour de la nomination du premier ministre montrent que le terreau sur lequel les crises politiques de 1991, 2002, 2009 ont prospéré sont encore vivaces et risquent de plonger de nouveau le pays dans des affrontements entre factions politiques sans objectif autre que d’avoir le contrôle total de l’appareil d’Etat.

Or le pays est en situation de quasi faillite (selon la banque mondiale) et si nos gouvernants ne trouvent pas les solutions adéquates pouvant garantir la stabilité politique nécessaire au développement économique alors, il nous sera très difficile de rétablir la confiance, élément central de l’œuvre de redressement du pays. L’exercice du pouvoir exécutif est paralysé par le fractionnement et l’illisibilité idéologique des factions politiques en présence qui ont conduit à un blocage institutionnel du pays, prélude à un mandat présidentiel ponctué de menaces et invectives d’alliés naturels ou pas, contraire à l’esprit de réconciliation nationale. Il est vrai que ce cafouillage est amplifié par un texte constitutionnel déséquilibré et imparfait que tous aujourd’hui qualifient au mieux d’handicapant pour l’exercice du pouvoir au service de l’intérêt général. Enfin,  du point de vue de la communauté économique internationale, qui connaît les maux structurels de l’histoire politique de notre pays,  ce serait le signe que l’ensemble de la classe politique préfère prendre le risque de crise future plus violente que celle dont nous essayons de sortir plutôt que de prendre le risque de la Paix Durable, base des investissements et donc du développement sur le long terme.

Seul le Président de la République, exerçant la plénitude des pouvoirs que lui confère la Constitution peut changer radicalement la donne. En effet, le Président de la république a été élu par le peuple Malagasy souverain qui selon la Constitution de la 4è république dans son préambule  est «Conscient qu’il est indispensable de mettre en oeuvre un processus de réconciliation nationale ». A ce titre le Président de la république est le garant de l’Unité Nationale (Art 45). Le peuple Malagasy a ainsi donné au Président de la république toute la latitude que lui confère sa fonction pour prendre les décisions nécessaires pour protéger l’unité nationale de notre pays quand celle-ci est mise en danger. Et aujourd’hui cette unité nationale est en grand danger, quand le jeu politique provoque le blocage institutionnel de tout le pays, sur fonds de vengeance et de rancoeurs vives.

L’Histoire nous a montré que sans ce processus de réconciliation nationale, les perspectives de stabilité nécessaire au développement économiques sont vaines. En 2002, le Président RAVALOMANANA après avoir promis qu’il entamerait un processus de réconciliation nationale, s’est rétracté et a gouverné ensuite au forceps créant ainsi une opposition non plus seulement politique mais sur lesquels s’était aussi greffée une masse critique s’estimant victime d’actes allant bien au delà du fait strictement politique. Le pouvoir de transition n’a fait que maintenir l’illusion de la réconciliation nationale en en ayant parfois le discours mais en prenant des décisions contraires à l’apaisement avec en premier lieu le non respect de tous les articles de la fameuse feuille de route du 16 septembre 2011 relatifs aux mesures d’apaisement politique et de réconciliation nationale (les articles 15,16,17, 19, 20) - sans que la communauté internationale puisse y redire quelque chose, poussant à « des élections à tout prix » comme solution de sortie de crise-  laissant ainsi dans le jeu politique une dose importante de rancœur et de haine qui ne peut en aucun cas favoriser la stabilité.

Depuis 2002, l’opinion ainsi que les décideurs ont été sensibilisés maintes fois sur l’impossibilité d’arriver à un réel apaisement, sans avoir entamé au préalable un processus de vérité et réconciliation nationale. Depuis le début de cette crise en 2009, plusieurs voix se sont levées pour réclamer du pouvoir politique l’organisation dans le cadre d’une conférence nationale d’un dialogue Malagasy-Malagasy de haut niveau. Depuis 2009, le Conseil Oecuménique des Eglises Chrétiennes (le FFKM), mais aussi de nombreuses voix d’autorité dans la société civile et politique ainsi que trois anciens Présidents élus au suffrage universel se sont unis pour appeler à l’organisation d’une telle conférence nationale afin de mettre sur la table - et les analyser- les maux qui rongent notre pays depuis des décennies et qui sont la source des crises politiques récurrentes qui annihilent de façon périodique tous les efforts entamés par les équipes qui se sont succédées à la tête de l’Etat. Ce dialogue dont même la communauté internationale a reconnu  la nécessité s’est heurté à des calculs politiques de certaines factions plus préoccupées par la maitrise conjoncturelle du pouvoir politique que de l’avenir de notre pays. Ce processus aurait pour but ultime de mettre l’ensemble du pays d’accord sur la lecture et les enseignements du passé,  sur ce qui fait de nous une Nation une et indivisible, des défis collectifs qui doivent engager l’ensemble des acteurs politiques, quelque soient leurs place sur l’échiquier pour enfin permettre que le jeu politique dans une démocratie (même naissante), avec ses calculs et ses postures, serve l’intérêt général dans les respect des institutions d’une république impartiale que nous bâtirons ensemble en toute connaissance de cause.

L’opinion publique, dans sa très grande majorité - et notamment la masse de ceux qui aspirent à mener une vie décente pour eux et leur famille- lasse des guerres politiques qui freinent la tâche ardue de créer une croissance économique forte et un développement durable dans la Paix, est favorable à ce que le Président prenne les mesures qu’il juge nécessaires pour sortir du cercle vicieux des crises cycliques.

L’opinion publique, dans sa très grande majorité, attend du Président qu’il soit fidèle à son message de réconciliation nationale et qu’il nous offre une perspective forte, loin des pressions conjoncturelles de certains clans.

Le Président RAJAONARIMAMPIANINA a ainsi l’opportunité de placer le début de son mandat sous le signe d’une réel renouveau en provoquant une rupture salutaire avec les pratiques du passé consistant à renier ce qu’on a promis, et en jouant réellement le rôle que lui confère les institutions : se mettre au dessus des partis et des intérêts partisans, et de son corollaire, les marchandages honteux non pas sur la nature des politique publiques à mener mais autour du phagocytage clanique du pouvoir politique.

Le Président RAJAONARIMAMPIANINA a ainsi l’occasion au nom du Peuple Malagasy d’entrer dans l’Histoire comme celui qui aura posé les fondations d’une Paix durable dans ce pays, en convoquant sous son autorité l’ensemble de la classe politique, économique et sociale, autour d’un Dialogue Malagasy-Malagasy pour la vérité et la réconciliation nationale pour ensuite entamer sur une base solide car garantie par un consensus national fort et souverain, le travail considérable qui l’attend pour redresser l’économie de ce pays.

Beaucoup essaieront de  dissuader le Président RAJAONARIMAMPIANINA, comme ce fut le cas pour le Président RAVALOMANANA en 2002, comme ce fut le cas pour le pouvoir de transition ces cinq dernières années. Mais nous voyons sous nos yeux le résultat catastrophique de plus de dix ans de valse hésitations et de fuite en avant sur ce sujet. Aujourd’hui est venu le temps des actes de courage afin de nous inscrire définitivement dans le camp du progrès auquel le pays peut prétendre au regard de ses richesses naturelles et son potentiel humain.

Le Président RAJAONARIMAMPIANINA l’a compris et l’a fait savoir lors des différentes interventions qu’il a faites depuis son investiture. Et nous décidons aujourd’hui de le prendre, tout simplement au mot. Ce serait là le signe d’une grande présidence. Et ce serait là les actes d’un grand Président.

Il faut prendre le président de la république à la lettre quand il dit: un premier ministre qui aura a charge de mettre en oeuvre et une politique de réconciliation nationale et une politique de relance économique.

Premier constat: il ne suffit pas de se dire pour la réconciliation nationale (tout le monde se dit pour la paix et pourtant nous voyons le résultat) pour être capable de mener une politique de réconciliation nationale. Cela ne s’apprend pas ni ne se décrète, il faut au minimum avoir montré par des faits une forme de leadership sur la question (au minimum répondre: qui, quoi, comment?) Je suis consterné quand je vois certains prétendants dire qu’ils sont parfaits pour le poste parce qu’ils ont réuni x signatures autour de leur candidature : la diversité (politique) de leurs soutiens signifiant compétence sur le sujet…Pour être pris aux sérieux et être crédible sur le sujet, il faudrait qu’ils nous disent au minimum comment ils aborderaient le processus de réconciliation nationale sans se défausser et dire que des conseillers s’occuperont des détails quand eux ne sont même pas capable de donner une perspective !

2è constat: le pays est en piteux état, la Banque Mondiale elle-même tirait la sonnette d’alarme en disant que le pays est en quasi faillite (lire: http://economie.jeuneafrique.com/regions/afrique-subsaharienne/21200-banque-mondiale-bientot-la-normalisation-des-relations-avec-madagascar-.html). Si la Banque Mondiale propose de coupler une conférence sur les investisseurs privés avec la conférence des bailleurs, c’est qu’elle sait que quelque soit les accords pris avec le nouveau gouvernement, les besoins de financement à court terme sont si importants pour éviter une explosion sociale (conséquences directes de la conjugaison de la dépréciation mécanique et dévaluation compétitive qui va avoir lieu+ fin des subvention à la pompe=> inflation) que les bailleurs traditionnels ne suffiront pas.
Il va donc falloir un premier ministre qui aura sous la direction du président une maîtrise et un contrôle clair sur la politique économique, financière (et industrielle) du pays et notamment sur les questions de financement des grands projets d’infrastructure, énergétiques et minières. C’est une personne de ce calibre avec un réel leadership sur ces questions qu’il va falloir trouver, non pas pour les beaux yeux de la communauté internationale mais parce que si nous voulons que la confiance des investisseurs internationaux (qui ne se décrète pas la main sur le coeur) revienne et impulse une croissance durable en créant des emplois industriels, il nous faut arrêter de jouer les amateurs et nommer des personnes qui ne feront que de la figuration sur ce sujet comme nos hommes politiques nous y ont habitué (genre: j’ai un conseiller qui s’en occupe), surtout depuis 5 ans. Depuis 5 ans, nous souffrons d’une faiblesse de leadership sur les questions économiques, ce qui a donné portes ouvertes à des abus de tout genre dont nous voyons les méfaits aujourd’hui. La communauté économique internationale ne s’y trompe pas en faisant savoir clairement à Madagascar que oui elle est prête à revenir en force mais dans des conditions de collaboration d’un niveau auquel les montants en jeu ne laissent aucune place à l’essai, à l’improvisation et/ou à l’incompétence.

Alors, quel premier ministre?
Hyacinthe Befeno Todimanana
Diffusion autorisée.

La Banque mondiale a déclaré vendredi 24 janvier qu'une normalisation de ses relations avec Madagascar était possible. Le timing dépendra de la rapidité de la nomination d'un nouveau gouvernement.
La Banque mondiale a annoncé la possible normalisation de ses relations avec le Madagascar et la possible reprise des aides directes à condition que la nomination du nouveau gouvernement soit exécutée rapidement et sans embûches.

Aides vitales
Stoppées en 2009, les aides directes sont aujourd'hui cruciales pour un pays économiquement aux abois. La Banque mondiale, qui avait continué de soutenir le pays uniquement via des aides d'urgence depuis 2009, devrait pouvoir prêter entre 120 et 150 millions de dollars par an sur les trois premières années.
Le montant annoncé reste toutefois modeste et son impact sur les finances publiques du pays, dans un piteux état, restera modeste. Haleh Bridi, directrice des opérations de la Banque mondiale pour les Comores, Madagascar, Maurice et les Seychelles, a ainsi déclaré à Reuters : "Madagascar est soit déjà en faillite soit sur le point d'être en faillite".
La croissance économique n'est pas très soutenue à l'échelle africaine, avec une prévision de 3,7% pour 2014, et son niveau ne compense pas suffisament le dynamisme démographique de l'île. La Banque mondiale estime que l'économie devra être la première priorité du nouveau président, qui devra réinstaurer la confiance auprès des acteurs locaux et internationaux. Ces derniers se sont globalement tenus à l'écart de Madagascar ces dernières années, à l'exception de quelques acteurs dans le domaine minier (nickel, titanium, cobalt, fer et charbon).
Nouveau gouvernement
Elu président le 20 décembre 2013, Hery Rajaonarimampianina est entré officiellement en fonctions le 25 janvier. Son profil pourrait encourager et rassurer les donateurs. L'ancien ministre des finances  s'était en effet efforcé par le passé de réduire les dépenses de l'État et de contenir l'inflation face la chute des investissements étrangers et des revenus fiscaux. Ces efforts ont été appréciés par la communauté internationale.
L'avenir proche du pays et le retour des aides internationales est donc désormais entre les mains du nouveau président malgache et des responsables politiques et dépendra de leur capacité à former un gouvernement fédérateur et durable au plus vite.

http://economie.jeuneafrique.com/regions/afrique-subsaharienne/21200-banque-mondiale-bientot-la-normalisation-des-relations-avec-madagascar-.html