jeudi 27 mars 2014

Hery Rajaonarimampianina : Baptême en eau profonde



Alors qu'on attendait avec impatience que chaque journaliste étranger se prenne la langue dans le tapis et trébuche à chaque fois que le nom de "Rajaonarimampianina" devait être prononcé, on a vite envie de rajouter "Rakotoarimanana" pour pimenter un peu le jeu, tant ils ont relevé le défi de prononciation qui avait enflammé toute la sphère du microblogging.

Les médias étrangers ont été au rendez-vous pour les premiers déplacements du Président Malagasy qui a entamé sa tournée à l'International. Son déplacement en France a déclenché un engouement palpable tant des malagasy de la diaspora, que des probables partenaires ou soucieux des phases à venir vers la relève du pays. L'Ambassade de Madagasikara à Paris s'est vue être submergée de visiteurs tous venus s'enquérir de la bouche même du chef de l’État, des mesures et des visions qui sont les siennes et qu'il devra défendre et avancer sans ambiguïté devant l'urgence.

Sur le net circulent les nombreuses interventions du nouvel élu, qui ré-intègre Madagascar dans le concert des Nations, après 5 années d'exclusion de la part de la communauté internationale.
La presse locale s'est énormément mobilisée autour des actes du Président, dans une conjoncture encore une fois "endémique", qui permet à un ancien chef du gouvernement alors désigné sous la Transition, de garder son siège, le temps de nominer un Nouveau Premier Ministre. De nouveaux médias ont pointé du doigt les dépenses engagées par une économie prise à la gorge, qui selon eux n'aurait pas les moyens d'assumer de si coûteux déplacements de délégations, quand d'un autre point de vue, il semble à d'autres que pour retrouver une confiance et une crédibilité suite à tant de péripéties extra-constitutionnelles et une situation désastreuse, il est de première importance de choyer les relations internationales quand on sait que l'économie dépendrait de 40 à 60% des apports extérieurs.   

Les retour de la Banque Mondiale et du FMI font la une des « gazety » affichées les unes sous les autres sur des panneaux de rue et les passants ont tous un avis sur la question, scepticisme ou Salut, chacun y va de son commentaire, quand les malagasy se sont habitués comme d'autres peuples malheureusement, à savoir que des appuis considérables sont donnés à leur pays, quand en échange, l'argent ne va qu'aux riches et creuse de plus en plus les inégalités et les précarités.

De toute évidence c'est un problème de « temps » politique que la majorité des penseurs a. Il resterait incompréhensible que presque trois mois après l'investiture de Hery Rajaonarimampianina, le premier ministre chef du gouvernement n'ait pas encore été désigné. Cette question cruciale a aussi brûlé les lèvres des journalistes français qui ont demandé interview au Président et ont entamé un jeu de devinette inconvenant afin d'obtenir le nom du futur PM avant l'heure.
Si le Président explique que le temps qui est pris maintenant est pertinent face aux luttes de pouvoirs à résorber ou aux divergences d'intérêt qui s'opposent au moment où l'on parle, il avance que l'article 54 a besoin de suffisamment de lectures pour être exécuté.

C'est un échange assez inhabituel pour TV5 qui prend forme entre les journalistes et le Président, avec des questions posées de façon très envahissante, peu de temps de respiration pour lui, et des obsessions des journalistes qui si certes légitimes, frontalement exposées sans tenir compte de la forme qui est de rigueur face à un chef de l’État. Pas de « Son Excellence » avant Hery Rajaonarimampianina en bandeau d'écran, la scène était installée plus informelle que formelle même si le drapeau se tenait fier en arrière plan. Les multiples emplacements des journalistes forçait le Président à un regard jamais fixé et qui pouvait par erreur d'interprétation, faire croire à un certain manque d'assurance... Alors qu'en fait trois journalistes face à un seul homme en général sont alignés au même niveau avec une « proximité » maîtrisée. Il faut avant tout remercier la volonté de Hery Rajaonarimampianina d'avoir accordé les interviews sur tous les médias sur lesquels interventions pouvaient se faire, et avec à chaque fois les mêmes intentions et une attention soutenue, devant le marathon qui a été le sien pour ce baptême en grand bain devant la diaspora, et les représentations des partenaires et secteurs privés.
Le Président élu a démontré une simplicité d'approche des réponses peu courante. Parlant peu la langue de bois, il s'est préféré un langage dépouillé d’ambages, n'allant pas user de stratagèmes pour éviter les questions sensibles, et privilégiant l’honnêteté de ce qu'il pense au moment où il le pense.

On soulignera les sujets qu'il a relevé comme prioritaires tel que la lutte contre la corruption et la mise en place d'une Justice efficace, le souhait de développer le secteur agricole et de se pencher sur les contextes sociaux via l’éducation et la mère et l'enfant. La reconnaissance Internationale selon lui ne fait plus de doutes, dès lors qu'il aura dit-il, fait le nécessaire pour rassurer les partenaires principaux stratégiques dans l'attente d'une conformité des actes en rapport aux engagements pris devant eux.
La question qui concerne ses relations avec Andry Nirina Rajoelina était très attendue, le Président a été court et concis en avançant que l'ancien Président de la Transition pouvait penser ce qu'il pense et dire ce qu'il dit, cela s'arrêterait là, en gros, qu'il n'aurait rien à y ajouter tout autant que chacun reste dans ses prérogatives. Le MAPAR est pourtant toujours motivé même si ébranlé par le fait que le Premier Ministre Resampa, soumis à l'attention du Président, n'a pas été retenu pour le poste de chef du gouvernement.


Jusqu'ici on notera une certaine inflexibilité du nouveau Président face aux forces passées, basculées maintenant dans l'opposition, celles de ANR. Les journalistes étrangers ont eu du mal à suivre les épisodes mouvementés de la vie politique malagasy qui ont rythmé les premières minutes de la présidence, un face à face intense stratégique entre les forces ralliées par ANR et celles naissantes encore « vertes » du nouveau Président élu. Tout un chacun s'est surpris à constater que celui qui avait été « le Poulain » de circonstance et de dernière minute du chef de la Transition éternelle cabrait et montrait une aversion certaine envers les membres installés et équipiers de la Transition, alors que hasard du calendrier ou concours de circonstance, le milliardaire Ravatomanga, se voyait être mis sous Interdiction de sortie de territoire pour enquête semblait-il. ce même milliardaire qui avait collaboré au financement de la campagne qui a érigé Hery Vaovao à la tête du pays.

Andry Nirina Rajoelina n'a certainement pas dit son dernier mot, empêché à l'accession du poste de PM par les attentes internationales et certainement présidentielles, revivifié du nouveau parti qu'il a enrichi de députés, il bat campagne dès maintenant pour les prochaines échéances présidentielles, fidèle aux déclarations qui étaient les siennes quand il annonçait qu'il serait candidat en 2019.
Erika Cologon Hajaji

jeudi 6 mars 2014

Hyacinthe Befeno Todimanana : Une grande Présidence Possible à Madagasikara

Pour la Paix durable, l’opportunité d’une grande présidence

10 March 2014 at 10:03


Hyacinthe Befeno Todimanana, Antsohy/Novembre 2013

 Depuis le 25 janvier 2014, Madagascar a officiellement un nouveau Président, RAJAONARIMAMPIANINA Hery, élu au suffrage universel direct. Depuis son discours d’investiture, le nouveau Président a réitéré à maintes reprise que son mandat serait placé sous le sceau de la réconciliation nationale et du redressement économique, en insistant particulièrement sur la question de la réconciliation nationale, élément central de sa politique qu’il a qualifié lui-même de « non négociable ».

Aujourd’hui nous sommes dans une situation où même après des élections sensées sortir le pays de cinq ans de crise, les forces politiques en présence sont incapables de se mettre d’accord sur une lecture commune des enjeux qui attendent notre pays. Les discussions et chamailleries autour de la nomination du premier ministre montrent que le terreau sur lequel les crises politiques de 1991, 2002, 2009 ont prospéré sont encore vivaces et risquent de plonger de nouveau le pays dans des affrontements entre factions politiques sans objectif autre que d’avoir le contrôle total de l’appareil d’Etat.

Or le pays est en situation de quasi faillite (selon la banque mondiale) et si nos gouvernants ne trouvent pas les solutions adéquates pouvant garantir la stabilité politique nécessaire au développement économique alors, il nous sera très difficile de rétablir la confiance, élément central de l’œuvre de redressement du pays. L’exercice du pouvoir exécutif est paralysé par le fractionnement et l’illisibilité idéologique des factions politiques en présence qui ont conduit à un blocage institutionnel du pays, prélude à un mandat présidentiel ponctué de menaces et invectives d’alliés naturels ou pas, contraire à l’esprit de réconciliation nationale. Il est vrai que ce cafouillage est amplifié par un texte constitutionnel déséquilibré et imparfait que tous aujourd’hui qualifient au mieux d’handicapant pour l’exercice du pouvoir au service de l’intérêt général. Enfin,  du point de vue de la communauté économique internationale, qui connaît les maux structurels de l’histoire politique de notre pays,  ce serait le signe que l’ensemble de la classe politique préfère prendre le risque de crise future plus violente que celle dont nous essayons de sortir plutôt que de prendre le risque de la Paix Durable, base des investissements et donc du développement sur le long terme.

Seul le Président de la République, exerçant la plénitude des pouvoirs que lui confère la Constitution peut changer radicalement la donne. En effet, le Président de la république a été élu par le peuple Malagasy souverain qui selon la Constitution de la 4è république dans son préambule  est «Conscient qu’il est indispensable de mettre en oeuvre un processus de réconciliation nationale ». A ce titre le Président de la république est le garant de l’Unité Nationale (Art 45). Le peuple Malagasy a ainsi donné au Président de la république toute la latitude que lui confère sa fonction pour prendre les décisions nécessaires pour protéger l’unité nationale de notre pays quand celle-ci est mise en danger. Et aujourd’hui cette unité nationale est en grand danger, quand le jeu politique provoque le blocage institutionnel de tout le pays, sur fonds de vengeance et de rancoeurs vives.

L’Histoire nous a montré que sans ce processus de réconciliation nationale, les perspectives de stabilité nécessaire au développement économiques sont vaines. En 2002, le Président RAVALOMANANA après avoir promis qu’il entamerait un processus de réconciliation nationale, s’est rétracté et a gouverné ensuite au forceps créant ainsi une opposition non plus seulement politique mais sur lesquels s’était aussi greffée une masse critique s’estimant victime d’actes allant bien au delà du fait strictement politique. Le pouvoir de transition n’a fait que maintenir l’illusion de la réconciliation nationale en en ayant parfois le discours mais en prenant des décisions contraires à l’apaisement avec en premier lieu le non respect de tous les articles de la fameuse feuille de route du 16 septembre 2011 relatifs aux mesures d’apaisement politique et de réconciliation nationale (les articles 15,16,17, 19, 20) - sans que la communauté internationale puisse y redire quelque chose, poussant à « des élections à tout prix » comme solution de sortie de crise-  laissant ainsi dans le jeu politique une dose importante de rancœur et de haine qui ne peut en aucun cas favoriser la stabilité.

Depuis 2002, l’opinion ainsi que les décideurs ont été sensibilisés maintes fois sur l’impossibilité d’arriver à un réel apaisement, sans avoir entamé au préalable un processus de vérité et réconciliation nationale. Depuis le début de cette crise en 2009, plusieurs voix se sont levées pour réclamer du pouvoir politique l’organisation dans le cadre d’une conférence nationale d’un dialogue Malagasy-Malagasy de haut niveau. Depuis 2009, le Conseil Oecuménique des Eglises Chrétiennes (le FFKM), mais aussi de nombreuses voix d’autorité dans la société civile et politique ainsi que trois anciens Présidents élus au suffrage universel se sont unis pour appeler à l’organisation d’une telle conférence nationale afin de mettre sur la table - et les analyser- les maux qui rongent notre pays depuis des décennies et qui sont la source des crises politiques récurrentes qui annihilent de façon périodique tous les efforts entamés par les équipes qui se sont succédées à la tête de l’Etat. Ce dialogue dont même la communauté internationale a reconnu  la nécessité s’est heurté à des calculs politiques de certaines factions plus préoccupées par la maitrise conjoncturelle du pouvoir politique que de l’avenir de notre pays. Ce processus aurait pour but ultime de mettre l’ensemble du pays d’accord sur la lecture et les enseignements du passé,  sur ce qui fait de nous une Nation une et indivisible, des défis collectifs qui doivent engager l’ensemble des acteurs politiques, quelque soient leurs place sur l’échiquier pour enfin permettre que le jeu politique dans une démocratie (même naissante), avec ses calculs et ses postures, serve l’intérêt général dans les respect des institutions d’une république impartiale que nous bâtirons ensemble en toute connaissance de cause.

L’opinion publique, dans sa très grande majorité - et notamment la masse de ceux qui aspirent à mener une vie décente pour eux et leur famille- lasse des guerres politiques qui freinent la tâche ardue de créer une croissance économique forte et un développement durable dans la Paix, est favorable à ce que le Président prenne les mesures qu’il juge nécessaires pour sortir du cercle vicieux des crises cycliques.

L’opinion publique, dans sa très grande majorité, attend du Président qu’il soit fidèle à son message de réconciliation nationale et qu’il nous offre une perspective forte, loin des pressions conjoncturelles de certains clans.

Le Président RAJAONARIMAMPIANINA a ainsi l’opportunité de placer le début de son mandat sous le signe d’une réel renouveau en provoquant une rupture salutaire avec les pratiques du passé consistant à renier ce qu’on a promis, et en jouant réellement le rôle que lui confère les institutions : se mettre au dessus des partis et des intérêts partisans, et de son corollaire, les marchandages honteux non pas sur la nature des politique publiques à mener mais autour du phagocytage clanique du pouvoir politique.

Le Président RAJAONARIMAMPIANINA a ainsi l’occasion au nom du Peuple Malagasy d’entrer dans l’Histoire comme celui qui aura posé les fondations d’une Paix durable dans ce pays, en convoquant sous son autorité l’ensemble de la classe politique, économique et sociale, autour d’un Dialogue Malagasy-Malagasy pour la vérité et la réconciliation nationale pour ensuite entamer sur une base solide car garantie par un consensus national fort et souverain, le travail considérable qui l’attend pour redresser l’économie de ce pays.

Beaucoup essaieront de  dissuader le Président RAJAONARIMAMPIANINA, comme ce fut le cas pour le Président RAVALOMANANA en 2002, comme ce fut le cas pour le pouvoir de transition ces cinq dernières années. Mais nous voyons sous nos yeux le résultat catastrophique de plus de dix ans de valse hésitations et de fuite en avant sur ce sujet. Aujourd’hui est venu le temps des actes de courage afin de nous inscrire définitivement dans le camp du progrès auquel le pays peut prétendre au regard de ses richesses naturelles et son potentiel humain.

Le Président RAJAONARIMAMPIANINA l’a compris et l’a fait savoir lors des différentes interventions qu’il a faites depuis son investiture. Et nous décidons aujourd’hui de le prendre, tout simplement au mot. Ce serait là le signe d’une grande présidence. Et ce serait là les actes d’un grand Président.

Il faut prendre le président de la république à la lettre quand il dit: un premier ministre qui aura a charge de mettre en oeuvre et une politique de réconciliation nationale et une politique de relance économique.

Premier constat: il ne suffit pas de se dire pour la réconciliation nationale (tout le monde se dit pour la paix et pourtant nous voyons le résultat) pour être capable de mener une politique de réconciliation nationale. Cela ne s’apprend pas ni ne se décrète, il faut au minimum avoir montré par des faits une forme de leadership sur la question (au minimum répondre: qui, quoi, comment?) Je suis consterné quand je vois certains prétendants dire qu’ils sont parfaits pour le poste parce qu’ils ont réuni x signatures autour de leur candidature : la diversité (politique) de leurs soutiens signifiant compétence sur le sujet…Pour être pris aux sérieux et être crédible sur le sujet, il faudrait qu’ils nous disent au minimum comment ils aborderaient le processus de réconciliation nationale sans se défausser et dire que des conseillers s’occuperont des détails quand eux ne sont même pas capable de donner une perspective !

2è constat: le pays est en piteux état, la Banque Mondiale elle-même tirait la sonnette d’alarme en disant que le pays est en quasi faillite (lire: http://economie.jeuneafrique.com/regions/afrique-subsaharienne/21200-banque-mondiale-bientot-la-normalisation-des-relations-avec-madagascar-.html). Si la Banque Mondiale propose de coupler une conférence sur les investisseurs privés avec la conférence des bailleurs, c’est qu’elle sait que quelque soit les accords pris avec le nouveau gouvernement, les besoins de financement à court terme sont si importants pour éviter une explosion sociale (conséquences directes de la conjugaison de la dépréciation mécanique et dévaluation compétitive qui va avoir lieu+ fin des subvention à la pompe=> inflation) que les bailleurs traditionnels ne suffiront pas.
Il va donc falloir un premier ministre qui aura sous la direction du président une maîtrise et un contrôle clair sur la politique économique, financière (et industrielle) du pays et notamment sur les questions de financement des grands projets d’infrastructure, énergétiques et minières. C’est une personne de ce calibre avec un réel leadership sur ces questions qu’il va falloir trouver, non pas pour les beaux yeux de la communauté internationale mais parce que si nous voulons que la confiance des investisseurs internationaux (qui ne se décrète pas la main sur le coeur) revienne et impulse une croissance durable en créant des emplois industriels, il nous faut arrêter de jouer les amateurs et nommer des personnes qui ne feront que de la figuration sur ce sujet comme nos hommes politiques nous y ont habitué (genre: j’ai un conseiller qui s’en occupe), surtout depuis 5 ans. Depuis 5 ans, nous souffrons d’une faiblesse de leadership sur les questions économiques, ce qui a donné portes ouvertes à des abus de tout genre dont nous voyons les méfaits aujourd’hui. La communauté économique internationale ne s’y trompe pas en faisant savoir clairement à Madagascar que oui elle est prête à revenir en force mais dans des conditions de collaboration d’un niveau auquel les montants en jeu ne laissent aucune place à l’essai, à l’improvisation et/ou à l’incompétence.

Alors, quel premier ministre?
Hyacinthe Befeno Todimanana
Diffusion autorisée.

La Banque mondiale a déclaré vendredi 24 janvier qu'une normalisation de ses relations avec Madagascar était possible. Le timing dépendra de la rapidité de la nomination d'un nouveau gouvernement.
La Banque mondiale a annoncé la possible normalisation de ses relations avec le Madagascar et la possible reprise des aides directes à condition que la nomination du nouveau gouvernement soit exécutée rapidement et sans embûches.

Aides vitales
Stoppées en 2009, les aides directes sont aujourd'hui cruciales pour un pays économiquement aux abois. La Banque mondiale, qui avait continué de soutenir le pays uniquement via des aides d'urgence depuis 2009, devrait pouvoir prêter entre 120 et 150 millions de dollars par an sur les trois premières années.
Le montant annoncé reste toutefois modeste et son impact sur les finances publiques du pays, dans un piteux état, restera modeste. Haleh Bridi, directrice des opérations de la Banque mondiale pour les Comores, Madagascar, Maurice et les Seychelles, a ainsi déclaré à Reuters : "Madagascar est soit déjà en faillite soit sur le point d'être en faillite".
La croissance économique n'est pas très soutenue à l'échelle africaine, avec une prévision de 3,7% pour 2014, et son niveau ne compense pas suffisament le dynamisme démographique de l'île. La Banque mondiale estime que l'économie devra être la première priorité du nouveau président, qui devra réinstaurer la confiance auprès des acteurs locaux et internationaux. Ces derniers se sont globalement tenus à l'écart de Madagascar ces dernières années, à l'exception de quelques acteurs dans le domaine minier (nickel, titanium, cobalt, fer et charbon).
Nouveau gouvernement
Elu président le 20 décembre 2013, Hery Rajaonarimampianina est entré officiellement en fonctions le 25 janvier. Son profil pourrait encourager et rassurer les donateurs. L'ancien ministre des finances  s'était en effet efforcé par le passé de réduire les dépenses de l'État et de contenir l'inflation face la chute des investissements étrangers et des revenus fiscaux. Ces efforts ont été appréciés par la communauté internationale.
L'avenir proche du pays et le retour des aides internationales est donc désormais entre les mains du nouveau président malgache et des responsables politiques et dépendra de leur capacité à former un gouvernement fédérateur et durable au plus vite.

http://economie.jeuneafrique.com/regions/afrique-subsaharienne/21200-banque-mondiale-bientot-la-normalisation-des-relations-avec-madagascar-.html