vendredi 5 septembre 2014

A François Hollande, "Merci pour ce moment..."

 "Moi Président..."
La publication du livre de la journaliste et ex first girlfriend Valérie Trierweillier "Merci pour ce moment" fait basculer l'idéal politique. Celle qui avait publié l'album de photo "François Hollande, 400 jours dans les coulisses du pouvoir" a éprouvé sa plume à accoucher par césarienne et sous anti dépresseurs, de commentaires et phrases douloureuses à lire, tant le président se retrouve nu au lit, au lever, au coucher, au garde à vous ou mou et méchant, dans une intimité de ce qu'il y a de pire chez l'homme. Confession intime n'aurait pas su faire mieux.


Le problème ne serait pas Paris Match!? ;)

Non le problème n'est pas Paris Match, le problème réside dans le fait que de nos jours, il reste de plus en plus illusoire de mettre une quelconque crédibilité dans la fonction politique. Une insolence des élites qui commence à peser lourd sur le dos des contribuables, chômeurs, gens en précarité, jusqu'à même constater que bien des fortunés viennent aussi à fuir avec leur capitaux.
Le Grazia de Berlusconi, machine à scoop people avait publié les images du Président Normal en scooter allant voir sa maîtresse, alors que même que le Cavaliere est impliqué dans le ruby gate, "affaire politico-judiciaire à caractère sexuel" pour faire long.
A évoquer simplement, des affaires de mœurs. La "voleuse de coeur" a 17ans et le fréquente (ou est-ce lui qui la fréquente?...), lui qui en a 74, elle empoche 7000 euros, et Silvio Berlusconi affirme qu'elle a perçu plus de 4 millions d'euros en deux mois depuis les procédures. Celle qui se prétendait être la nièce de Hosni Moubarak repart le cœur léger les mains pleines. Silvio Berlusconi se pause là et passe entre les gouttes des attaques judiciaires à la chaine, au dessus du sort, ayant fait fortune en fondant le holding financier Fininvest et Mediaset, il a la main mise sur les chaînes télé italiennes pour une fortune estimée à  7,8 milliards de dollars, cela a-t-il un impact?

L'instruction, le pouvoir, l'argent, et un certain talent de l'audace et un grand manque de scrupule amènent à une folie avec laquelle le politicien semble flirter passionnément. François Hollande plombe encore plus "l'ambiance" et amène, si non à la honte de ce qui est aujourd'hui clamé haut et fort sur ce qu'il est en privé, à se prendre un "ice-bucket" violent pour sauver la cause de Valérie et scléroser l'image de la France Dassault-Chanel, puissante et raffinée, dans les bas fonds crasseux. La fonction présidentielle a bien changé, François Mitterrand avait rendu l'existence de Mazarine Pingeot presque romanesque et Jacques Chirac, Monsieur "5 minutes douche comprise", tapait le cul des vaches autant qu'il continuait à avoir un succès fou auprès de la gente féminine malgré ses frasques.
La gauche se revêt finalement d'un manteau de honte, DSK avait ouvert la voie des scandales qui font le tour du monde en moins de deux heures depuis le Sofitel, et François Hollande vient se rajouter à la liste des animaux politiques imbuvables froids et cyniques, mais talentueux. Il était déjà difficile d'entendre certains politiciens et politiciennes du le camps des frondeurs à la suite de la démission d'Arnaud Montebourg, qui laissaient entendre que le président français était un personnage dur, méchant, et sans empathie aucune, avec un sens de la gouvernance visiblement peu digeste.

C'est à croire que les esprits brillants ne peuvent être autres que "névrosés"... des purs produits bien nés, qui ont eu la chance de pouvoir cumuler Sciences Politique, ENA, HEC et carrière hors norme, être des élus, gérer des subdivisions régionales, et parvenir au débat en direct à 20h face au président en exercice pour gravir les marches de Élysées pour peu de temps après, le pas fier, être à la tête d'un des plus grands pays du monde.
Depuis même le premier jour, les décisions intimes du Président Français avaient quelque chose d'aventureux ou de revanchard. Par exemple, alors que la passation s'est faite entre le président sortant Sarkozy et François Hollande, il s'est contenté de ne pas raccompagner Nicolas Sarkozy depuis le perron et a tourné les talons alors que le président juste déménagé descendait vers le tapis rouge et son véhicule. S'en est suivi une somme de gestes critiquables quand Ségolène Royal la mère de ses enfants, et les enfants du président, ne seront pas présents à l'investiture, une signature qui annonçait déjà la couleur. Valérie marquait son territoire, percutant de plein fouet l'évidence même, niant ce qui devait servir avant tout la politique et la décence, Ségolène Royal n'étant surtout pas qu'une ex, première femme à avoir accédé au second tour d'une élection présidentielle, elle avait au préalable enclenché de nouveau l'union du parti socialiste quand elle remporte au premier tour les primaires. C'est avec 82% de participation et plus de 60% des suffrages, le parti se rassemble, les grands ténors s'alignent, comment effectivement, s'installer avec un homme qui a construit sa carrière et sa vie auprès d'une femme de ce type, Valérie a tranché, exprime ne pas savoir vivre avec cette cohabitation entre son mari et son ex femme, elle qui a été la maîtresse de François avant d'être présentée comme "la femme de ma vie" par le Président.

"Les femmes m'auront coûté cher." François Hollande, évoquant ses deux séparations avec Ségolène Royal et Valérie Trierweiler.

Valérie Trierweiller réagit mal dès le départ, et s'engage dans une vie de compagne de Président avec difficulté, réclame et défend corps et âme son métier de journaliste, quand on sait que cela ne semble pas compatible avec un couple présidentiel, surtout dans cette fonction "sensible". Elle argumentera cela en avançant même que son salaire allait servir afin d'assumer ses trois enfants...
Elle refusera le terme de "première dame" laissant là la possibilité à tous de savoir que son rang n'était de sa part que peu assumé. Les presses étrangères viendront vite s'engouffrer dans la brèche, n'intégrant pas le fait qu'un Homme président soit en concubinage à l’Élysée, craignant d'y déceler une peur de l'engagement, une façon ultra décomplexée de ne pas prôner un certain ordre des chose, piétinant de plein fouet ce qui est "politiquement correct" de faire quand on arrive aux plus hautes fonctions de l’État. Elle refusera donc l’appellation contrôlée mais acceptera pourtant son cabinet à l’Élysée, deux secrétaires, un chargé de mission et un chauffeur.

Les Sans-dents, REACTIONS DES INTERNATUTES.

"Il s'est présenté comme l'homme qui n'aime pas les riches. En réalité, le président n'aime pas les pauvres. Lui, l'homme de gauche dit en privé : les sans-dents, très fier de son trait d'humour."



Juger de l'impact de cette publication du livre "Merci pour ce moment" reste prématuré, mais rien n'est moins sûr que cela ternira la popularité déjà en berne d'un président normal qui se voulait irréprochable, sans scandales ou phrases choc, le "casse-toi pauvre con" a laissé place aux "sans-dents" il semble que Nicolas Sarkozy n'ai pas le monopole des maladresses lourdes et difficiles à gommer.
Ce livre si il ne devrait pas être classé dans "politique" reste inclassable alors et a une potentielle portée politique malgré tout, il influencera sans aucun doute l'opinion féminine, et certainement une partie du reste des français qui ne voudraient pas du personnage dépeint dans intimité par une femme qui avant d'avoir été trompée aux yeux du monde entier, a été Première compagne mais aussi une maîtresse.

On se rappelle du face à face d'un fringuant François Hollande, fier et droit, solennel et exigent, le verbe haut et la diction reposée et posée, Dukanisé qui se gargarisait au syntagme "Moi Président..."*  face à un Nicolas Sarkozy exténué par les années de présidence qu'il a -et- subies -et- dévorées goulument, les cernes creusées, le regard sombre, la répartie usée et désabusée, par la violence de l’exercice du pouvoir et du sens que la pratique seule savait y apporter.
Si les français ne doivent pas juger un homme pour ce qu'il est au réveil sans fards, ce que l'on dira de lui depuis les espaces intimes portera haut tout de même ce qui est dénoncé, même vu d'un juda déformant...

*« Moi président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité, je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l'Élysée.
Moi président de la République, je ne traiterai pas mon Premier ministre de collaborateur.
Moi président de la République, je ne participerai pas à des collectes de fonds pour mon propre parti, dans un hôtel parisien.
Moi président de la République, je ferai fonctionner la justice de manière indépendante, je ne nommerai pas les membres du parquet alors que l'avis du Conseil supérieur de la magistrature n'a pas été dans ce sens.
Moi président de la République, je n'aurai pas la prétention de nommer les directeurs des chaînes de télévision publique, je laisserai ça à des instances indépendantes.
Moi président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire.
Moi président de la République, j'aurai aussi à cœur de ne pas avoir un statut pénal du chef de l’État ; je le ferai réformer, de façon à ce que si des actes antérieurs à ma prise de fonction venaient à être contestés, je puisse dans certaines conditions me rendre à la convocation de tel ou tel magistrat ou m'expliquer devant un certain nombre d'instances.
Moi président de la République, je constituerai un gouvernement qui sera paritaire, autant de femmes que d'hommes.
Moi président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres, qui ne pourraient pas rentrer dans un conflit d'intérêts.
Moi président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leur fonction avec un mandat local, parce que je considère qu'ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche.
Moi président de la République, je ferai un acte de décentralisation, parce que je pense que les collectivités locales ont besoin d'un nouveau souffle, de nouvelles compétences, de nouvelles libertés.
Moi président de la République, je ferai en sorte que les partenaires sociaux puissent être considérés, aussi bien les organisations professionnelles que les syndicats, et que nous puissions avoir régulièrement une discussion pour savoir ce qui relève de la loi, ce qui relève de la négociation.
Moi président de la République, j'engagerai de grands débats, on a évoqué celui de l'énergie, et il est légitime qu'il puisse y avoir sur ces questions-là de grands débats citoyens.
Moi président de la République, j'introduirai la représentation proportionnelle pour les élections législatives, pour les élections non pas de 2012, mais celles de 2017, car je pense qu'il est bon que l'ensemble des sensibilités politiques soient représentées.
Moi président de la République, j'essaierai d'avoir de la hauteur de vue, pour fixer les grandes orientations, les grandes impulsions, mais en même temps je ne m'occuperai pas de tout, et j'aurai toujours le souci de la proximité avec les Français. »


Un examen de conscience est de plus en plus attendu, la fonction présidentielle de De Gaulle, de Mitterrand, exige une certaine rigueur et une haute exigence envers soi-même avant tout, il faut aujourd'hui savoir que rien ne saura rester secret dès lors qu'il peut y avoir faute de comportement, mensonge ou trahison. Qu'un pays est à l'image de ses dirigeants, que donc ils se doivent à la retenue et au respect de leur patrie avant de faire passer leurs égos, désiratas et caprices couteux et autres excès d'humeur.
Nous sommes ce que nous faisons, et aujourd'hui, grâce aux réseaux sociaux, aux médias alternatifs, aux "fuites", les opinions publiques seront de mieux en mieux informées, mais elle font déjà le travail d'avoir suffisamment d'acuité pour en découdre avec la haute sphère politique. De grandes déceptions s'enchainent, des scandales ont eu la peau d'hommes qui portaient énormément d'avenir et que l'on n'aurait jamais imaginé comme révélés...

« J'avais évoqué une présidence normale. Rien n'est normal quand on est président de la République, puisque les conditions sont exceptionnelles, le monde traverse une crise majeure, en tout cas l'Europe. Il y a des conflits dans le monde, sur la planète, les enjeux de l'environnement, du réchauffement climatique : bien sûr que le président doit être à la hauteur de ces sujets-là, mais il doit aussi être proche du peuple, être capable de le comprendre. » -François Hollande

«Le temps est venu de clore ce récit, écrit avec mes larmes, mes insomnies et mes souvenirs dont certains me brûlent encore, écrit-elle. Merci pour ce moment, merci pour cet amour fou, merci pour ce voyage à l'Élysée. Merci aussi pour le gouffre dans lequel tu m'as précipitée. Tu m'as beaucoup appris sur toi, sur les autres et sur moi-même. Je peux désormais être, aller et agir, sans craindre le regard d'autrui, sans quémander le tien. J'ai envie de vivre, d'écrire d'autres pages de cet étrange livre, de ce singulier voyage, qu'est une vie de femme. Ce sera sans toi. Je n'ai été ni épousée, ni protégée. Puis-je seulement avoir été aimée autant que j'ai aimé.» -Valérie Trierweiller

Erika Cologon Hajaji


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